Une feuille de route énergétique au pied du sapin ? Le gouvernement semble vouloir finaliser la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) avant Noël. Mais la méfiance reste de mise dans le secteur, déçu par les multiples promesses non tenues de l’exécutif au cours de l’année. L’énergie fait pourtant partie des „priorités absolues“ de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a demandé cette semaine au ministre de l’Économie, Roland Lescure, „de travailler à des scénarios de baisse du prix de l’électricité pour les Français“. Pour Emeric de Vigan, fondateur du cabinet de conseil 42 Advisors et spécialiste des marchés de l’électricité, les débats actuels autour de l’énergie manifestent un retour à une „forme de réalisme“. Malgré un gros point noir : le futur mécanisme de vente du nucléaire, défavorable pour tout le monde.
L’Express : Quels peuvent être les scénarios évoqués par Sébastien Lecornu pour faire baisser les prix de l’électricité ?
Emeric de Vigan : Le plus plausible est celui d’une baisse de la taxation. Mais il peut sembler compliqué vu l’état des finances publiques. Par contre, il pourrait y avoir une bascule de l’électricité vers le gaz, qui reste moins taxé. On peut imaginer une mesure un peu habile, dans la mesure où le prix du gaz baisse : une hausse des taxes dessus ne ferait pas monter la facture finale du consommateur. Car, après tout, c’est la seule donnée qui l’intéresse.
D’autres leviers pourraient être étudiés. Par exemple des contrats particuliers pour les entreprises, même si cela paraît difficile à négocier avec l’Europe. Ou que le gouvernement décide de changer le calcul du tarif réglementé de vente pour les petits clients. Actuellement, la formule est assez favorable à EDF et défavorable au client. Mais dans l’ensemble, il s’agit d’un jeu à somme nulle. Les principales questions étant : dans quelle mesure met-on le budget de l’Etat à contribution ? Ou les finances d’EDF ?
L’Arenh, l’actuel dispositif de vente d’électricité nucléaire, prend fin le 31 décembre. Il est remplacé par un autre mécanisme, le versement nucléaire universel (VNU). Celui-ci plafonne notamment les revenus d’EDF lorsque les cours s’envolent. Il développe aussi les contrats à moyen et long terme. Est-il suffisant protecteur pour le consommateur ?
Je suis très critique envers ce mécanisme, qui possède encore un certain nombre de trous. Il protège le consommateur d’événements vraiment extrêmes, mais ne cherche pas à le faire bénéficier du nucléaire historique. C’est une philosophie différente de l’Arenh. Et puis il existe un gros problème, trop peu discuté : il ne protège pas EDF. L’Arenh a été critiquée par des observateurs de salon pour son prix ou pour le fait que les fournisseurs alternatifs s’enrichissaient… C’est faux. Le prix était loin d’être ridicule. Certes, quand les prix de marché tombaient en dessous de celui de l’Arenh, les fournisseurs s’y approvisionnaient, ce qui ne pénalisait EDF. Tout le monde en avait conscience. Mais le nouveau mécanisme ne répond pas non plus à cette problématique. C’est dommage. Je ne suis pas le dernier à critiquer EDF, mais c’est une entreprise qui a besoin de visibilité à 5, 10 ou 15 ans.
Comment expliquer cette mise en place si elle est à la fois défavorable aux consommateurs et à EDF ?
C’est le grand mystère ! Je travaille pourtant dans le secteur depuis 25 ans. Il n’y a pas beaucoup d’explications. Soit EDF a été très mauvais dans ses anticipations de prix de marché, et pensait qu’ils allaient rester à des niveaux très élevés. Je n’ose pas le croire.
Soit EDF était persuadé que les consommateurs, traumatisés par la crise de 2022-2023, allaient se ruer sur ses contrats à 70 ou 80 euros par mégawattheure (MWh). L’entreprise publique pensait pouvoir tordre le bras aux acheteurs, qui ne sont pas si bêtes. Je penche plutôt pour cette erreur de jugement de leur part.
La demande en électricité stagne. En voulant installer de nouveaux moyens de production, qu’ils soient nucléaires ou renouvelables, ne met-on pas la charrue avant les bœufs ?
Complètement ! Mais j’ai l’impression que l’état d’esprit est en train de changer. La demande a baissé à cause de la crise, et une bonne partie ne va pas remonter de sitôt en raison de fermetures d’usines, des investissements dans la sobriété. On a eu tendance à consommer sans trop compter. Le prix de l’électricité, franchement, c’était un sujet politique deux fois par an. Personne ne s’en plaignait trop jusqu’en 2022.
Or la demande ne croît plus depuis le début des années 2010. Donc tous ces scénarios de croissance de la demande, qui sont éminemment politiques, ne se sont jamais réalisés. Le gestionnaire du réseau électrique français RTE va prochainement réviser les siens à la baisse : c’est très bien. Assez inédit, même, qu’il s’autorise à le faire.
Est-ce le retour à une forme de réalisme ?
Tout à fait. Et c’est bon signe. Je reste malgré tout assez optimiste. Actuellement, en France, on n’a pas besoin d’investir dans la production. Il est confortable de se dire qu’on peut déployer ailleurs nos précieux milliards d’euros d’argent public. Du moins pendant un temps. On peut en préserver un peu pour garder sous perfusion les filières vraiment critiques comme le nucléaire ou le solaire.
La situation est plutôt intéressante : nous observons une baisse des prix de marché, ce qui devrait éventuellement finir par relancer la consommation. Nous sommes en bas d’un cycle. Et il y a une bêtise à ne pas faire : continuer à investir tête baissée. Sinon, dans cinq ans, le consommateur se retrouvera avec une facture finale qui a explosé, parce que les mécanismes de soutien aux renouvelables et au nucléaire auront dérapé eux aussi. L’énergie ne vaudrait ainsi plus rien sur les marchés, mais le client continuerait à la payer cher.
Devrait-on plutôt optimiser le parc nucléaire existant (prolongation, amélioration du taux de charge) plutôt que construire de série de nouvelles paires de réacteurs ?
Cela me paraît tellement évident. La Cour des comptes commence à le dire : l’extension de la durée de vie est rentable. Il faut aussi faire le compte pour les énergies renouvelables – et j’ai été le premier à défendre leur rôle pendant la crise… Arrêter d’investir dans le renouvelable ne veut pas dire mettre un énorme coup d’arrêt à la décarbonation en France.
On exporte quasiment 100 TWh à l’étranger chaque année, avec de la marge du côté du nucléaire. De fait, beaucoup d’électricité reste disponible pour décarboner des usages. J’espère que le retour au réalisme aboutira à des objectifs de déploiement de nouvelles capacités qui seront décidés en fonction de la consommation, plutôt que des chiffres bruts balancés à l’emporte-pièce.
Les nouvelles prévisions de RTE pourraient-elles bousculer le texte de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont la publication a été maintes fois promise ces derniers mois ?
Elles le devraient. On a le droit de dire que la PPE3 était un délire, sans se voir taxé d’appartenir à tel ou tel camp politique extrême. J’espère que ces nouvelles prévisions vont remettre l’église au milieu du village. Il faudrait que l’on puisse se fixer des objectifs qui reposent sur des trajectoires réalistes de demande. Et puis établir des clauses de rendez-vous tous les deux ou cinq ans pour faire un point sur leurs évolutions.
Prix de l’électricité : „La France devrait optimiser son parc nucléaire au lieu d’investir tête baissée“ 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-11-28 05:38:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



