Qui le sait ? Le personnage de Marianne, symbole de la République, est né d’un poème écrit… en languedocien par Guillaume Lavabre. Cordonnier de son état, poète à ses heures perdues, ce natif de Puylaurens (Tarn) rédige en 1792 La garisou de Marianno (La guérison de Marianne), prénom populaire choisi pour symboliser le régime qu’il appelle de ses vœux. Et de filer la métaphore : Marianno est malade, comme la France est malade de la monarchie, mais elle guérira grâce aux soins apportés par des généraux révolutionnaires comme Kellermann ou Dumouriez.
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Cette anecdote le montre : au début de la Révolution, le français reste une langue étrangère pour la majorité de la population. Selon les estimations, un habitant sur cinq seulement le maîtrise ! Aussi une question cruciale se pose-t-elle rapidement : comment diffuser, depuis Paris, les idées nouvelles ? Recourir au français est tentant, mais comporte un risque évident : que les messages soient mal compris, comme en témoigne cette mésaventure survenue à un maire alsacien. Dans un questionnaire concernant sa commune, il doit indiquer si l’on y recense des „bossus“, des „fous“ et des „crétins“. L’édile, qui ne connaît pas le sens de ce dernier mot, suppose benoîtement qu’un „e“ a été oublié et que l’on veut savoir si ses administrés sont chrétiens. Alors, il répond avec candeur : „Nous le sommes tous !„ (1).
Reste l’autre solution, pragmatique, consistant à traduire les décrets pris à Paris dans les différentes langues parlées par le peuple. Cette option est d’ailleurs retenue en 1790 par l’Assemblée nationale, à l’initiative d’un député du Nord, François-Joseph Bouchette. „Tout le monde va être le maître d’écrire et de lire dans la langue qu’il aimera le mieux, et les lois françaises seront familières pour tout le monde“, explique-t-il. La méthode offre en effet deux avantages : une compréhension assurée et un moyen symbolique de rompre avec le français, la langue des rois.
L’intention est généreuse, mais elle se heurte à deux problèmes pratiques. Tout d’abord, faute d’avoir été valorisées et codifiées, certaines langues de France manquent à cette époque de normes écrites. Ensuite, et surtout, ces traductions coûtent cher, très cher. Or, les caisses de l’Etat sont vides. Déjà…
Aussi l’orientation change-t-elle bientôt du tout au tout. A partir de 1793, sous Robespierre, surgit la Terreur linguistique. Un décret daté du 2 Thermidor An II – toujours en vigueur aujourd’hui ! – stipule que les actes publics devront désormais être écrits exclusivement en français. Et gare au fonctionnaire qui s’aventurerait à l’enfreindre. Il est prévu qu’il soit destitué et condamné à six mois de prison. Tolérante au départ, la Révolution vient de basculer dans le sectarisme.
Oh, certes, les motivations de ce revirement se veulent nobles. Cela ne les empêche pas les Révolutionnaires de faire erreur sur toute la ligne ou presque. Examinons leur raisonnement point par point.
L’unité nationale ? Le 16 juin 1794, le Comité de salut public affirme : „Dans une République une et indivisible, la langue doit être une. C’est un fédéralisme que la variété des dialectes, il faut le briser entièrement“ (2).
Si les événements n’étaient si dramatiques, on pourrait qualifier cet argument de désopilant. Car il a été défendu par les hommes de la Terreur, ceux-là mêmes qui, parlant tous français, se sont allègrement entretués !
L’égalité ? Les Révolutionnaires entendent réduire la fracture entre le peuple et la classe supérieure qui, sous l’Ancien régime, se réservait les meilleures places grâce à sa maîtrise du français.
Imaginez que, demain, notre seule langue officielle devienne le basque. Il y a fort à parier que beaucoup considéreraient que cette mesure avantage les bascophones ! Eh bien, de la même manière, avoir imposé le français dans un pays multilingue comme l’était la France de l’époque a abouti à privilégier la minorité qui pratiquait cette langue. Une mesure on ne peut plus inégalitaire !
La liberté ? Pour les révolutionnaires, le français n’est pas une langue comme les autres, mais la langue du „Progrès“ et de la „Liberté“. A l’inverse, les langues dites régionales sont considérées par des hommes comme Barère ou l’abbé Grégoire comme intrinsèquement opposées aux idées nouvelles, a fortiori lorsqu’elles sont frontalières, comme l’alsacien.
Aucune langue n’est porteuse de valeurs en soi. La preuve ? Si le français a bien été la langue des Lumières, de l’abolition de l’esclavage et de la Résistance, il a été aussi celle… de la monarchie absolue, des esclavagistes et du maréchal Pétain.
Concluons. Le simple bon sens aurait dû conduire à faire du français la langue commune de notre pays, et non sa langue unique. Hélas, cette différence pourtant simple échappera à la plupart des acteurs de l’époque. Et finira par déboucher sur ce paradoxe relevé par l’historien Philippe Martel : alors qu’elle prétendait rompre avec l’Ancien régime, la Révolution ne remit en question aucun des textes des „tyrans“ sur ce sujet, y compris l’ordonnance de Villers-Cotterêts (3).
Et pour cause. La majorité des bourgeois qui se sont alors installés au pouvoir, dénués de toute culture linguistique, partageaient le même mépris des classes populaires que les aristocrates qu’ils ont remplacés. Comme eux, ils se sont servis du français pour se distinguer et n’ont laissé d’autres choix aux Périgourdins, aux Lorrains, aux Flamands et aux autres que de renier leur identité pour accéder aux meilleures places.
Les langues autres que le français avaient été exclues du monde ancien ? Elles allaient l’être plus encore du monde nouveau.
(1) Alsace, une langue qu’on assassine. Editions Salde.
(2) Site internet de l’Université de Laval (Canada). Chapitre La Révolution et la langue nationale des Français (1789-1870)
(3) Les langues régionales de France et l’Etat. Quelques données historiques, par Philippe Martel.
Du côté de la langue française
Le français, une langue économique d’avenir
Longtemps perçu comme une langue de culture ou de diplomatie, le français est aussi une langue des affaires. Selon certaines projections, il pourrait en effet être pratiqué par 8 à 10 % de la population mondiale en 2050, notamment en Afrique.
Rendre le livre accessible dans les territoires ruraux
Créer 1 000 nouveaux lieux pour l’accès à la lecture, notamment dans les zones rurales où bibliothèques et librairies sont souvent en nombre insuffisant. Tel est l’objectif de l’ONG Biblionef, de l’UNIIC (le principal syndicat professionnel de la filière graphique) et de leurs partenaires de la filière des Arts Graphiques.
La fabrique du roman national-républicain
Il existe une „exception française“ car notre pays est porteur de „valeurs universelles“. Dans un ouvrage engagé, le politologue Olivier Le Cour Grandmaison analyse et met à bas ces affirmations à l’origine du „roman national-républicain“. Selon lui, ce récit a été utilisé à la fois pour promouvoir le colonialisme et contrôler les „classes dangereuses“. Une démarche dans laquelle la langue française a également joué un rôle fondamental.
La fabrique du roman national-républicain, par Olivier Le Cour Grandmaison. Editions Amsterdam.
Renouer les liens entre les populations et les lieux qu’elles habitent : telle est l’ambition de cet ouvrage original conçu par un géographe, une illustratrice, une artiste plasticienne et un cartographe. Une autre manière de comprendre la France.
La France des mille lieux, par Damien Derville, Cassandre Le Picard, Julianne Sedan et Perrin Remonté. Editions Ulmer.
Du côté des autres langues de France
A la découverte des langues de Franche-Comté
Les deux langues historiques de la Franche-Comté sont l’arpitan (également appelé „franco-provençal“) et le franc-comtois, dont le premier texte écrit remonte à cinq siècles. Deux langues dénuées de soutien significatif des pouvoirs publics et, pour cette raison, aujourd’hui menacées de disparition en France. C’est pourquoi Billy Fumey, un jeune chanteur de 34 ans, leur consacre un livre, conçu comme un „outil d’émancipation“ à l’intention d’une population laissée dans l’ignorance de sa propre culture.
Comprendre les langues régionales de Franche-Comté. Franc-comtois et arpitan + Un guide 850 prénoms francs-comtois, par Billy Fumey. Editions Cêtre.
Succès de l’enseignement immersif de l’alsacien dans le public
Les effectifs des classes de maternelle „immersives“ – où l’on parle principalement alsacien – restent faibles, mais sont en forte hausse depuis leur création, en 2023.
„Châteaux cathares“ ou „forteresses royales“ ?
Peyrepertuse, Quéribus, Puilaurens… Au XIIIᵉ siècle, les monarques français, alliés à l’Eglise catholique et à l’Inquisition, anéantissent „l’hérésie“ cathare et prennent possession des terres du comte de Toulouse. Aussi la dénomination „forteresse royale“ choisie pour demander l’inscription de ces châteaux au patrimoine mondial de l’Unesco suscite-t-elle une vive controverse. En témoigne cette pétition, qui dénonce „une inversion mémorielle qui dénature l’histoire et l’identité du Languedoc et de l’Occitanie.“
Du côté des langues du monde
100 (savoureuses) expressions anglaises
Si je peste contre l’emploi abusif des anglicismes (voir la rubrique „A écouter“), je n’ai rien contre l’anglais en soi qui, comme toute langue, exprime une certaine vision du monde. La preuve avec ce livre qui, en comparant expressions anglaises et françaises, met en valeur la singularité de chacune. Ainsi, notre „tous les trente-six du mois“ a-t-il pour équivalent outre-Manche Once in a blue moon, soit littéralement „Une fois dans la lune bleue“.
100 (savoureuses) expressions anglaises. Et en français, ce n’est pas mal non plus ! Par Jean Pruvost, Le Figaro littéraire.
A écouter
„Je n’ai rien contre l’anglais. J’ai un problème avec la proportion prise par les anglicismes“
Telle est l’idée que j’ai défendue au micro de Thomas Isle, dans son émission Culture Média, sur Europe 1. J’ai pu y exposer les arguments de mon dernier livre „C’est quoi déjà le mot en français ? Les anglicismes et nous„, publié le 20 novembre par les éditions Héliopoles.
A regarder
Le français, troisième langue la plus enseignée dans l’Union européenne
Ce n’est pas une surprise : l’anglais est la langue choisie par l’immense majorité des élèves de l’Union européenne. 96 % des jeunes l’apprennent dans l’enseignement général. Loin derrière arrivent l’allemand (18 %), devant le français (14 %), l’espagnol (7 %), le russe (2 %) et le suédois (2 %).
Langue française : le grand tournant de la „Terreur linguistique“ 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-12-09 05:43:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,


