Le Collège de France, l’université Paris-Dauphine, l’Ecole normale supérieure, les Mines ou encore l’ESPCI… Toutes ces prestigieuses institutions de l’enseignement supérieur français sont unies, depuis une quinzaine d’années, sous la bannière PSL – pour Paris Sciences et Lettres. Si les noms des premières sont bien connus des Français, c’est ce sigle de trois lettres qui rayonne auprès des étudiants internationaux, si attentifs aux classements des écoles au niveau mondial. Cette aura hors des frontières de l’Hexagone a pris une nouvelle dimension depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche qui ne cesse de s’attaquer aux bastions de la recherche aux Etats-Unis.
Auprès de L’Express, le président de PSL, l’économiste El Mouhoub Mouhoud, en explique les enjeux pour ses établissements et s’inquiète, alors que les débats budgétaires s’éternisent, de l’avenir des crédits alloués à la recherche et aux universités françaises.
L’Express : La politique de Donald Trump, en portant atteinte à la liberté du monde la recherche, a provoqué un choc. Vos établissements ont-ils vu, dans la foulée, affluer les candidatures d’étudiants et de chercheurs ?
El Mouhoub Mouhoud : Oui, mais cet effet n’a pas été automatique. Pour les chercheurs, nous avons mis en place une stratégie, dès le mois de mars, que je qualifierai de séquentielle et granulaire. Nous n’avons pas fait un appel aux candidatures tous azimuts, nous l’avons limité à nos thématiques de prédilection : le climat, la santé et l’IA, associées aux sciences sociales. Des domaines attaqués par l’administration Trump. Nous sommes partis des besoins des laboratoires de recherche de PSL – 2 600 chercheurs – et plus particulièrement des 14 grands programmes à l’image de TERRAE, en matière de transition écologique, qui rassemble toutes les disciplines : mathématiques du climat, physique et chimie des matériaux, quantique, mais aussi économie de l’énergie et du climat, sociologie, sciences politiques, droit du climat.
Nous avons mis en place un fonds pour attirer chez nous des chercheurs, plutôt postdoctorants, américains ou non, qui étaient susceptibles de candidater aux Etats-Unis, où les salaires sont parmi les plus élevés au monde. Nous en avons sélectionné une trentaine, dont quinze vont rejoindre notre Paris School of Artificial Intelligence (AI), créée en septembre. Venus pour de courtes ou moyennes durées, ils sont orientés vers les programmes Choose France et Choose Europe, ces mécanismes mis en place par la présidence française et par la Commission européenne, et vers ceux du Conseil Européen de la Recherche. Les plus motivés obtiendront ensuite des postes permanents. A terme, même s’ils ne sont qu’une dizaine à rester en France, dans les laboratoires de PSL, nous serons très satisfaits.
Et parmi les étudiants ?
Nous avons reçu de très nombreuses candidatures spontanées à l’international pour la Paris School of AI, qui compte actuellement 250 étudiants présentant plus de 20 nationalités. Notre attrait tient certes au signal négatif envoyé par les Etats-Unis mais aussi à l’excellence reconnue de PSL : à Dauphine-PSL ou encore à l’ENS-PSL, nous sommes réputés en mathématiques, en informatique, en IA. Parmi nos enseignants, nous comptons Stéphane Mallat, professeur du Collège de France et lauréat de la médaille d’or du CNRS. Nous avons un réseau de partenaires internationaux dont Yann Le Cun à NYU [NDLR : spécialiste IA de Meta, il vient d’annoncer son départ du groupe de Mark Zuckerberg].
Notre spécificité est de combiner l’enseignement de l’IA avec une autre discipline, car la double compétence est l’une des meilleures manières de la dominer. En outre, notre formation est totalement en anglais et nos droits d’inscription sont progressifs, en fonction des revenus des parents : gratuits pour les boursiers et jusqu’à 15 000 euros l’année pour les plus familles plus aisées. Nous attirons aussi les étudiants grâce à nos „PhD Track“, une première en France : il s’agit de bourses accordées à des étudiants à fort potentiel dès le master 1, pendant 5 ans donc, au lieu de trois, dans la physique, la chimie, le quantique, l’IA… Donc oui, l’attractivité internationale est pour nous fondamentale.
Elle l’est aussi pour assurer votre financement ?
Non pas vraiment. Certes, le PhD Track par exemple, est un effort coûteux. Mais c’est un investissement dont on tire les bénéfices plus tard sur les programmes de recherche, la qualité des chercheurs recrutés. Notre ambition est surtout d’attirer les meilleurs doctorants du monde dans nos différentes disciplines. Avoir de brillants éléments venus d’Inde, des Etats-Unis, du Brésil, est essentiel pour nous. Cette qualité rejaillit ensuite sur les publications que nous produisons et les brevets déposés.
L’Université PSL dépose environ 90 brevets et licences par an et accompagne aujourd’hui environ 80 start-up, dont 20 % dans des technologies de rupture. Tout cet écosystème de recherche fondamentale et d’innovation nous permet d’être compétitifs à l’échelle internationale. Nous n’avons pas de frontières pour la recherche et l’innovation, l’autonomie stratégique ne rime pas avec repli sur soi. Les Etats-Unis font aujourd’hui clairement fausse route. Durant les 50 dernières années, l’Amérique a bénéficié d’un avantage majeur, en puisant dans le stock mondial de compétences et de connaissances. Les statistiques le prouvent : une université qui capte les meilleurs étudiants attire aussi de très bons chercheurs, qui eux-mêmes créent des entreprises innovantes. Ce mouvement vertueux se traduit dans le taux de rétention des étudiants internationaux mesuré par l’OCDE. La part des diplômés qui restent dans le pays d’accueil est proche de 70 % aux Etats-Unis contre 20 à 30 % en France. C’est une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont connu de telles avances technologiques.
Comment s’explique la faiblesse du taux de rétention en France ?
Il y a d’abord un problème de niveau de salaire. Par exemple, trop peu d’étudiants recrutés sont éligibles au passeport „talent“ car les rémunérations proposées par les entreprises sont inférieures au minimum requis [NDLR : ce titre de séjour destiné aux salariés qualifiés est accordé à condition de gagner au moins 39 582 euros bruts annuels]. S’ajoutent les obstacles administratifs car les étudiants internationaux sont inclus dans les flux d’immigration. Voilà pourquoi, à PSL, on investit sur l’accueil des enseignants-chercheurs, des chercheurs, des étudiants internationaux. Nous avons un „welcome desk“, un guichet unique dédié. Nos efforts portent aussi sur le logement. Dauphine dispose de deux résidences étudiantes achetées par sa Fondation, à Saint-Ouen, et nous avons des accords avec la Cité internationale pour loger des chercheurs.
A défaut d’être compétitifs sur le salaire, nous proposons un environnement scientifique et personnel très avantageux. C’est ainsi que nous avons pu faire venir des doctorants mais aussi des profils plus seniors comme le spécialiste américain en IA et géosciences, le meilleur du monde, arrivé à l’ENS après l’élection de Trump.
Dans cette séquence budgétaire très incertaine, êtes-vous inquiet pour les moyens alloués à PSL et aux universités en général ?
Toutes les universités souffrent de ces problèmes budgétaires. Depuis la crise du Covid, la guerre en Ukraine, le retour de l’inflation, elles subissent des chocs exogènes qui ne sont pas liés à leur gestion. Si l’on ajoute les mesures non-compensées telles que le point d’indice revalorisé pour les personnels administratifs, il n’est pas étonnant que leurs finances soient dans le rouge. Sans compter que, depuis des années, la dotation est constante en termes nominaux. Avec l’inflation, elle a ainsi baissé d’environ 30 % en termes réels en l’espace d’une dizaine d’années.
Par ailleurs, des menaces de réduction du budget de la recherche et de l’enseignement supérieur vont remettre en cause ce qui a été fait dans la Loi de programmation de la recherche – qui est jusqu’ici une vraie réussite. Elle prévoyait 25 milliards d’euros sur 10 ans, d’ici 2030. La remettre en cause serait dramatique d’autant que l’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche est extrêmement rentable. Défendre les budgets de l’université, ce n’est pas de l’élitisme, c’est renforcer la souveraineté technologique et la compétitivité de notre pays et de l’Union européenne, c’est aussi promouvoir l’excellence tout en s’ouvrant à des étudiants issus de la diversité, de classes sociales moins favorisées – nous avons 30 % de boursiers dans certaines de nos formations 1er cycle les plus sélectives. Nous avons un impact social et économique mesuré et fort.
Les taux de retour sur investissement sont les meilleurs qu’on puisse avoir en matière de dépenses publiques. Nous avons par exemple mis en place un pôle spécifique pour favoriser la recherche à risque et les innovations de rupture et un pôle Sciences et sociétés pour la diffusion dans la société des connaissances scientifiques et des résultats de la recherche. La science est aussi le dernier rempart pour la sauvegarde de la démocratie. Diversité des profils, impact sur la compétitivité et la réindustrialisation, diffusion de la connaissance, sauvegarde de la démocratie : PSL – comme d’autres universités – joue ce rôle. Nous ne sommes pas des tours d’ivoire.
Quels sont vos liens avec le monde de l’entreprise ?
Ils sont très forts car nous promouvons la recherche partenariale. Dans la défense, par exemple, PSL est en discussion avec l’IPP (Institut des politiques publiques) et l’ESCP en vue de la création d’une chaire avec la Direction Générale des Armées sur les questions de souveraineté et d’autonomie stratégique. De nombreuses chaires de PSL associent entreprises et chercheurs. Celles sur l’IA ont d’abord attiré les Gafam américains, puis des grands groupes français de l’industrie automobile, de la tech, et de la banque. Nous sommes d’ailleurs en train de structurer aujourd’hui un grand pôle partenariat.
Je précise que la recherche reste indépendante. Elle est fondée sur la curiosité et la liberté intellectuelle, mais pour la transformer en innovation, il faut des spécialistes. Nous avons recruté le chimiste et entrepreneur Michael Tatoulian comme vice-président délégué de l’innovation auprès de la vice-présidente recherche, Anne Christophe. Nous renforçons les partenariats public-privé. D’ailleurs, les LABEX (laboratoires d’excellence) ont été évalués et ont permis d’augmenter de 20 % l’intensité en R & D des entreprises privées partenaires. Ce qui montre que la recherche universitaire a un véritable impact sur l’innovation en France. Nos participations au capital des entreprises que nous accompagnons, comme Alice & Bob, Aqemia ou Light on, sont aussi des sources de dotations.
L’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail devient plus tendue. Qu’en est-il des élèves qui sortent de PSL ?
Notre taux d’insertion professionnelle est de l’ordre de 96 % à 100 % à la sortie de la plupart de nos masters de tous nos établissements et dans un délai de deux semaines, en moyenne à Dauphine-PSL par exemple. La prime salariale est en outre très bonne, c’est-à-dire qu’ils sont recrutés en cohérence avec leurs compétences et à des niveaux de rémunération qu’ils sont en droit d’attendre.
Je le dis souvent et en toute simplicité, PSL est un joyau de l’enseignement supérieur de la recherche française, qui a fait tomber les murs entre les grandes écoles et les universités. Certes PSL est une université où l’on assume de sélectionner les étudiants. Mais nous multiplions les initiatives pour diversifier les profils, non seulement pour des motifs d’équité, mais aussi d’efficacité économique. A ce titre, Parcoursup a eu un effet très positif en donnant accès à nos filières sélectives, à un vivier de profils étudiants beaucoup plus variés. Des travaux montrent que la diversité est un facteur de réduction de la défiance dans les relations sociales mais aussi de l’aversion au risque. Or pour innover, il faut prendre des risques.
Pourquoi il faut défendre les budgets de l’université : l’appel du président de PSL 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-12-12 06:37:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



