L’intervention américaine et israélienne en Iran suscite un espoir légitime. On ne peut que souhaiter à ce peuple martyr de pouvoir vivre dans un monde débarrassé de la dictature islamique installée depuis près de cinquante ans. Elle pose malgré tout une question : l’affaiblissement brutal d’un régime détestable crée-t-il nécessairement les conditions d’un ordre politique meilleur ? Les exemples récents ne manquent pas pour interroger la théorie implicite et naïve qui mise sur l’idée qu’abattre le mal suffit à faire surgir naturellement le bien.
Les attentats du 11-Septembre ont été le déclencheur d’une doctrine qui s’est épanouie sous la présidence de George W. Bush. Nombre de penseurs néoconservateurs ou d’acteurs politiques – comme Condoleezza Rice – ont promu la thèse du „chaos créateur“ : il faut renverser un pouvoir tyrannique pour refonder une société sur des bases assainies.
L’exemple de l’Irak et de la Libye
Le cas irakien fut en quelque sorte l’expérience princeps de cette doctrine et aurait dû servir à lui seul d’avertissement. En mai 2003, l’Autorité provisoire de la coalition a détruit l’ancien ordre – et facilement – mais sans prévoir avec le sérieux et le recul nécessaires l’installation de nouvelles institutions légitimes. La disparition du pouvoir autoritaire a produit un espace dans lequel se sont engouffrés violence armée, entrepreneurs politiques et rivalités sociales.
Le seul cas de la Libye devrait suffire à promouvoir une réflexion en profondeur avant toute intervention. La chute de Mouammar Kadhafi s’est organisée à la faveur des printemps arabe mais loin d’avoir permis l’instauration d’une démocratie ou d’un ordre social stable : elle a vu le pouvoir se disperser entre gouvernements rivaux, groupes armés et autorités locales concurrentes. Après l’insurrection de 2011, le pays est tombé aux mains de factions locales au point que la notion même d’Etat est devenue douteuse. Est-ce même encore une nation ?
Il ne s’agit pas de déplorer la chute de dictateurs sanguinaires mais d’interroger la théorie implicite et simpliste du „chaos créateur“ : elle suppose qu’en brutalisant au hasard une structure sociale pour la défaire, on a des chances de retrouver une forme cohérente et stable comme si l’ordre social relevait d’une loi naturelle. La chose n’est pas impossible mais il y a quelques naïvetés à la croire probable. De ce point de vue, les textes de sociologues – nombreux – qui ont cherché à penser l’ordre social pourraient servir de propédeutique à toute aventure géopolitique. Et, avant même les sociologues, ne faudrait-il pas relire les philosophes et, au premier chef, Hobbes qui avertissait dans Le Léviathan que l’état de nature – là où légitimité de la loi et du pouvoir ne sont pas – établit que „l’homme est un loup pour l’homme“.
Nous sommes, en Occident, si habitués à vivre dans un ordre social protecteur que nous en oublions sa fragilité. Le sociologue américain Talcott Parsons soulignait à ce propos que le plus remarquable dans l’ordre social est „qu’il puisse durer.“ Par Max Weber et Emile Durkheim, nous avons appris qu’une société ne repose pas sur la seule force, mais sur des règles, des attentes, des routines et des croyances partagées. La loi, les conventions et les normes établissent des sanctions organisées ou diffuses qui permettent de réduire les incertitudes liées à l’altérité comme le soulignait l’anthropologue Alfred Radcliffe-Brown. L’ordre social est donc essentiellement une croyance autoréalisatrice : mes anticipations ordinaires (me rendre à mon travail, pouvoir me déplacer dans la rue sans crainte, pouvoir compter sur les services publics, les transports, etc.) se réaliseront sans même que j’y pense. Et, comme tout le monde a cette même croyance, nous pouvons vivre les uns avec les autres pacifiquement, le plus souvent. L’ordre social est à la fois solide et fragile parce qu’il repose sur cette croyance.
La chute de l’Etat fait prendre le risque de la dispersion du monopole de la violence légitime. Celle-ci grippe tous les mécanismes d’anticipation qui fondent l’ordre social. Il est légitime d’espérer la fin des régimes tyranniques et même d’y contribuer, mais le faire sans une préparation sérieuse, c’est jouer à la roulette russe de l’Histoire.
Renverser la tyrannie suffit-il à faire naître le bien ? Le mirage du „chaos créateur“ 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-06 11:59:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



