Et si la solution à nos problèmes d’approvisionnement en gaz avait toujours été à portée de main ? C’est le message que la Norvège, désireuse de monter en puissance, tente d’instiller au sein de l’Union européenne (UE). Les récents chocs géopolitiques ne font que renforcer le rôle stratégique de ce voisin du nord. Dans la foulée de l’invasion russe en l’Ukraine, la Norvège a déjà rendu un fier service à l’Europe, en lui permettant de se détourner plus rapidement du gaz venu de l’Est. Premier fournisseur de l’UE, ses exportations sont passées de 79,5 milliards de mètres cubes (m3) en 2021 à 97,2 milliards l’an dernier, selon les dernières données de la Commission. Ce qui représente le tiers des besoins européens.
Mais la guerre en Iran et la menace d’une des pires crises depuis des décennies lui donnent l’occasion d’aller plus loin. D’autant qu’Oslo s’avère un compagnon bien plus fiable que l’imprévisible Donald Trump, qui n’hésite pas à faire du gaz naturel liquéfié américain un outil de pression, voire de chantage. „L’UE ne disposant pas vraiment, à l’heure actuelle, de fournisseurs alternatifs, la Norvège est considérée comme un voisin sûr et important à préserver“, explique Ole Gunnar Austvik, professeur d’économie politique et pétrolière à l’University of Inland Norway. Beaucoup d’experts appellent l’UE à renforcer ses relations avec ses plus proches alliés, la Norvège en premier lieu. Le royaume s’en retrouve de plus en plus courtisé. Fin mars, plusieurs ministres belges ont ainsi profité d’une visite d’Etat dans le pays scandinave pour sonder Oslo sur une éventuelle hausse des importations de gaz…
A première vue, les marges de manœuvre sont minimes. Les autorités norvégiennes l’ont reconnu dès le début du conflit au Moyen-Orient. „Elles ont déjà modifié des licences de production sur les gisements en mer pour que davantage de gaz se substitue au pétrole“, constate Christine Le Bihan-Graf, associée chez Hogan Lovells et ex-directrice générale de la Commission de régulation de l’Energie. Ce léger rééquilibrage ne changera pas la donne. „Le pays ayant atteint depuis longtemps son plateau sur le pétrole, c’est un secteur en déclin, commente Florian Vidal, chercheur à l’UiT The Arctic University of Norway. Et sur le gaz, il existe des limites physiques avec les gazoducs : les capacités de production et de livraison tournent déjà à plein régime vers les clients en Europe. Les Norvégiens ne pourront pas faire mieux“. Du moins à court terme.
Les majors poussent leurs pions
Le contexte international redonne toutefois des couleurs aux compagnies pétrogazières, toujours prêtes à forer vers de nouveaux horizons. Elles se faisaient pourtant discrètes, dix ans plus tôt, quand les politiques environnementales militaient en faveur d’une sortie des hydrocarbures. „Mais les considérations sécuritaires priment désormais sur le reste, pointe Ulf Sverdrup, ancien directeur de l’Institut norvégien des affaires internationales (NUPI) et professeur au département de droit et de gouvernance de l’École de commerce de Norvège (BI). Aujourd’hui, le pays est reconnu comme un acteur contribuant au bien-être de l’Europe par la fourniture de gaz. Il se doit de continuer à garantir ce flux d’énergie.“ Les majors cherchent donc à capitaliser sur ce constat en encourageant l’exploitation de nouveaux gisements, pour satisfaire les besoins futurs de l’UE.
La mer du Nord étant déjà bien exploitée, les yeux se tournent vers les limites de l’Arctique. La Norvège ne compte pour l’heure que deux champs gaziers – Snøhvit et Aasta Hansteen – et deux pétroliers – Goliat et Johan Castberg – en mer de Barents. Mais la zone regorgerait de ressources encore non découvertes. C’est pourquoi le gouvernement a proposé, en janvier, d’y ouvrir 38 nouvelles zones à l’exploration. Non sans s’attirer les foudres d’une partie de la population, inquiète de l’impact de telles infrastructures sur les écosystèmes.
La stratégie pour l’Arctique sous pression
Trouvera-t-il suffisamment de soutien à Bruxelles ? Le pays nordique aimerait faire sauter quelques verrous sur la stratégie de l’Union européenne pour l’Arctique, actuellement en révision. Dans le précédent texte, datant de 2021, l’UE s’est engagée à œuvrer pour un moratoire international sur les forages dans la région. Une position qu’Oslo tente d’infléchir, alors que le nouveau document devrait être publié d’ici à la fin de l’année. Afin de garder le champ libre dans les eaux polaires, le cabinet de conseil norvégien Rystad Energy y est allé de sa petite idée. Dans une note écrite fin février, il propose d’exclure la mer de Barents de la définition de l’Arctique donnée par l’UE. Cet arrangement cartographique permettrait d'“éviter de traiter les zones déjà ouvertes à l’exploration de la même manière que les zones pionnières encore inexploitées“. Le tout, dit-il, „sans nécessairement affaiblir la position [de l’UE] en matière de climat.“
„Le lobbying des industriels norvégiens est très intense sur l’Arctique en ce moment, confirme Florian Vidal. Car si la ligne de l’UE est maintenue, il sera très difficile d’attirer des investissements européens. Or la Norvège a besoin de partenaires pour développer ces champs gaziers et pétroliers en mer de Barents. Elle n’y arrivera jamais seule.“ Au-delà du coût, au moins deux autres écueils demeurent. Le premier : la sécurité des infrastructures. La proximité de la Russie, avec son historique de sabotages et d’attaques hybrides, est un facteur non négligeable à prendre en compte. Le second : l’agenda de décarbonation européen. Autoriser de nouveaux projets gaziers relancerait un cycle de plusieurs décennies, avec une période d’exploitation s’étirant bien après 2050. Ce qui serait incompatible avec les objectifs actuels.
Un „outsider à l’intérieur“
Ce débat illustre à merveille la position particulière de la Norvège. Elle veut peser sur certaines décisions prises à Bruxelles, sans avoir sa place à la table des Etats membres. „La Norvège ne fait pas partie de l’UE, mais elle entretient une forte interdépendance avec le marché du Vieux Continent, relève Ulf Sverdrup. Elle est intégrée à son espace économique (EEE), et ses entreprises concluent des accords de coopération avec des sociétés de l’UE. Il existe également des consultations stratégiques de haut niveau, notamment dans l’énergie.“ Dans ce domaine, ces „outsiders à l’intérieur“ – la formule vient d’Ole Gunnar Austvik – ne cessent de consolider leurs liens avec l’UE. Les deux parties ont signé en 2024 un partenariat stratégique sur les minerais critiques et sur les chaînes de valeur des batteries. „A mon sens, il est désormais inévitable qu’il soit étendu aux hydrocarbures“, observe Florian Vidal.
Une telle dépendance mutuelle, économique et sécuritaire, relance régulièrement le débat d’une adhésion de la Norvège à l’UE. Dans une analyse publiée l’an dernier, l’institut de réflexion Chatham House relevait dans l’opinion une hausse du soutien en faveur de l’intégration, même si le „non“ restait majoritaire. Car les sujets de crispation ne manquent pas. La question des quotas de pêche continue de nourrir les réticences. Au même titre que celle des prix de l’électricité : reliée au réseau européen, la Norvège voit le montant de ses factures s’envoler et accuse l’Allemagne d’en être responsable. Malgré ces tensions, les partisans d’une adhésion ne perdent pas espoir. Ils suivent de près le cas de l’Islande, qui organisera cet été un référendum sur la reprise des négociations pour rejoindre l’UE. Un vote positif pourrait faire bouger les lignes jusqu’à Oslo.
En attendant, les Norvégiens se savent essentiels et comptent en profiter. „On a l’impression qu’ils occupent une position de transition vers quelque chose qui reste à inventer : un nouveau mode de représentation leur permettant d’avoir, à terme, une vraie influence sur les directives européennes“, suggère Christine Le Bihan-Graf. Selon Ole Gunnar Austvik, une association encore plus étroite pourrait se faire dans le cadre des accords actuels, „avec une plus grande implication de la part d’Oslo et davantage de flexibilité de la part de l’UE“. Une façon pour la Norvège de quitter progressivement ses habits d'“outsider“.
Crise du gaz : la Norvège peut-elle sauver l’Europe ? 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-31 10:54:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



