L’un des cabinets d’avocats les plus prestigieux des Etats-Unis, Williams & Connolly, a informé ses clients que ses systèmes informatiques avaient été infiltrés par des hackers chinois. Réputé pour sa clientèle d’élite, Williams & Connolly a représenté des figures politiques majeures telles que Bill et Hillary Clinton, ainsi que des entreprises influentes des secteurs de la technologique, de la santé et des médias.
Rapporté par le New York Times, ce cas n’est pas isolé. Elle s’inscrit dans une plus vaste campagne d’espionnage : selon les sources du grand journal américain, le FBI enquête actuellement sur une douzaine d’attaques similaires menées depuis la Chine, visant aussi bien des cabinets d’avocats étrangers, comme le cabinet Wiley Rein, que des entreprises du secteur technologique au cours de ces derniers mois.
Les cabinets d’avocats, cible de choix dans la guerre d’espionnage
Le cabinet Williams & Connolly, a informé ses clients qu’une petite partie des comptes de messagerie d’avocats avait été piratée à l’aide d’une faille dite „zero-day“, c’est-à-dire une vulnérabilité inconnue des concepteurs du logiciel. „Il n’existe aucune preuve que des données confidentielles de clients aient été extraites d’autres parties de notre système informatique, y compris des bases de données où les dossiers clients sont stockés“ a néanmoins tenu à rassurer le cabinet dans un communiqué.
Les dirigeants ont également assuré que les pirates ne semblaient pas vouloir monnayer ces informations volées, ce qui laisse penser à une opération d’espionnage plutôt que d’extorsion. Selon la chaîne américaine CNN, ces attaques viseraient à recueillir des renseignements stratégiques utiles à la compétition géopolitique et stratégique entre la Chine et les Etats-Unis.
Pour les spécialistes de la cybersécurité, les cabinets d’avocats restent des cibles privilégiées : ils détiennent souvent des communications confidentielles, des données commerciales et des documents juridiques liés à la politique gouvernementale ou à des négociations d’entreprises. Des informations dont la valeur stratégique en fait un enjeu majeur dans la guerre de l’information entre les deux grandes puissances.
La Chine mise sur les campagnes „zero-day“
Cette attaque s’inscrit dans un contexte d’espionnage numérique intensif attribué à la Chine. En septembre, la société de cybersécurité Mandiant a révélé que des pirates chinois mènent depuis plusieurs années des campagnes visant à exploiter des vulnérabilités „zero-day“ pour recueillir des renseignements auprès d’institutions juridiques, d’entreprises technologiques, et aussi du Cloud. Son rapport estime que „ces attaques ont pour but principal de collecter des informations liées à la sécurité nationale et au commerce international des Etats-Unis“.
Williams & Connolly n’a pas précisé quelle faille zero-day avait été exploitée, bien que la formulation du cabinet laisse entendre que cette vulnérabilité a été corrigée récemment. La société de cybersécurité CrowdStrike, engagée par le cabinet pour gérer les conséquences de cette attaque, estime que „l’acteur malveillant est considéré comme affilié à un acteur étatique responsable d’attaques récentes contre plusieurs cabinets d’avocats et entreprises“. De son côté, l’ambassade de Chine à Washington a rejeté les accusations, affirmant que „la Chine s’oppose fermement à toutes les formes de cyberattaques et de cybercriminalité“.



