Les 16 et 17 avril prochains, l’Assemblée nationale aura la charge d’examiner la proposition de loi dite « Yadan », du nom de la députée Caroline Yadan (Ensemble pour la République) qui la porte. Ce texte vise à lutter contre les nouvelles formes de l’antisémitisme en créant notamment un délit d’appel à la destruction d’un État, ou en étendant la notion d’apologie du terrorisme.
La question posée est à la fois douloureuse et légitime. L’antisionisme, dans sa forme la plus virulente et la plus obsessionnelle, est aujourd’hui un facteur évident d’antisémitisme, en plus de servir de bouclier sémantique à ceux qui veulent inciter à la haine en jouant à chat-perché avec la loi. Quand on est un Français juif, aujourd’hui, dans la conversation publique, on se fait traiter de « sioniste ». Comme ça. Sans rapport. Que l’on n’ait jamais évoqué la politique de l’État d’Israël n’y change rien. La consonance d’un nom suffit : « Sioniste. » Variante : « Génocidaire. » Cela surgit. Sous un tweet qui n’a rien à voir. Après une déclaration sur tout autre chose. Et dans ce cas, « sioniste », cela veut dire : dominant. Cela veut dire : agenda caché. Cela veut dire : ennemi.
Les premières fois, cela fait exactement l’effet de ce que décrit Albert Cohen dans Ô vous frères humains, quand à 10 ans, il s’approche de l’étal d’un marchand et que ce dernier le traite de sale juif. « Quelques minutes auparavant, je m’étais avancé vers la table du camelot avec un sourire d’enfant et je partais maintenant avec un sourire de bossu. On m’avait jeté au visage, à mon visage confiant et neuf, un paquet d’immondices. » Tous ceux qui un jour ont reçu une insulte raciste au visage savent que c’est exactement cela que ça fait. « Sioniste. » « Génocidaire. » Ainsi se tendent aujourd’hui les ressorts publics de la passion antisémite. Celle qui, depuis deux ans, a flambé comme jamais depuis la Seconde Guerre mondiale.
La liberté d’expression est la mère de toutes les libertés
Et pourtant. Pourtant. Je suis contre la proposition de loi Yadan. La liberté d’expression est la mère de toutes les libertés, la plus fondamentale d’entre toutes ; il faut se garder des pulsions visant à la restreindre, quand bien même elles émanent d’un sentiment de légitime défense. Il existe déjà en France des lois contre l’incitation à la haine, ou contre l’apologie du terrorisme. La proposition de loi sur les nouvelles formes d’antisémitisme entend les augmenter, en créant notamment un délit d’appel à la destruction d’un État. Que derrière ces appels-là il y ait souvent – très souvent ? Presque toujours ? Qui peut le quantifier ? – de l’antisémitisme est une chose. Mais créer ce lien organique entre Israël et les Français juifs en légiférant dans le cadre d’une loi sur les nouvelles formes d’antisémitisme me paraît une concession faite aux antisémites, lesquels entendent précisément déceler en chaque Français juif un Israélien qui s’ignore, ou plutôt : qui le cache.
Ensuite, et c’est peut-être plus grave encore, le texte élargit le spectre du répréhensible, et entend, par endroits, dénoncer la face cachée des mots. Par exemple, il prévoit d’ajouter un « même implicitement » à l’article 421-2-5 du Code pénal qui deviendrait : « Le fait de provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. » Cet « implicitement » – là est un engrenage dans lequel je nous enjoins de tout mon cœur à ne pas mettre le doigt.
Un dernier mot, enfin. La pétition contre la loi, qui a réuni plus de 500 000 signatures, ne me plaît ni dans ses termes ni dans sa musique générale. Je ne me sens aucunement proche de ces pétitionnaires-là, ce qui me rend aujourd’hui cet exercice de sincérité douloureux. Il me faut dire ce que je pense, néanmoins. Non seulement la « loi Yadan » serait inefficace, mais elle attiserait en plus un sentiment de « résistance clandestine ». Il est impératif de regarder en face la flambée d’antisémitisme, et de lutter contre ce qui la nourrit à la racine – il y aurait à faire ! Mais légiférer sur les mots est une arme défaillante. Qui se retournerait, hélas, contre ceux qu’elle entend protéger.
Loi Yadan : légiférer sur les mots est une arme défaillante, par Anne Rosencher 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-04-13 09:09:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,






