La mission Artemis 2 vient de renouer avec le grand récit du voyage vers la Lune. Elle nous a aussi permis d’accéder à des photos sublimes de la Terre. Ce que nous ressentons lorsque nous voyons de l’extérieur notre planète, c’est-à-dire la conscience de sa beauté et de sa fragilité porte un nom : l’overview effect (ou effet de vue d’ensemble). Ce terme a été conçu par Frank White dans un livre éponyme, paru en 1987, où il décrit un phénomène vécu par de nombreux astronautes : en voyant la Terre depuis l’espace, ils éprouvent un profond changement de perspective. Le monde ne leur apparaît plus comme un ensemble de pays séparés, mais comme une planète unique sans frontières et où le vivant constitue un ensemble cohérent. D’après White, cette vision peut changer durablement notre esprit : elle renforcerait le sentiment d’unité humaine, la conscience environnementale et l’idée que notre avenir doit se concevoir à l’échelle planétaire. La puissance de cet effet est confirmée par plusieurs témoignages d’astronautes : Rusty Scweickart, Edgar Mitchell, Tom Jones ou encore Chris Hadfield…
Cette forme de lucidité qui découlerait de cette expérience est un peu paradoxale : pour comprendre notre monde, il faudrait s’en éloigner. Depuis un hublot de l’espace, la Terre n’apparaît plus comme un champ de bataille mais comme une présence unique et fragile. Certains ont même avancé qu’une sorte de sentiment de fraternité s’était imposé faisant apparaître comme secondaires les idées de nation ou d’idéologie.
Conscience humaniste et écologique
A l’époque des polarisations politiques ou émotionnelles, des guerres culturelles et des identités crispées, cet overview effect paraît franchement désirable… mais est-il reproductible ? Hélas ou heureusement, tout le monde ne peut avoir accès à un voyage spatial. Hélas, parce que l’expérience paraît extraordinaire. Heureusement, parce que notre empreinte carbone ferait un bond mortifère. Dès lors, comment mesurer la solidité des déclarations de ceux qui ont eu ce privilège ? D’abord, certaines enquêtes ont pris comme terrain d’études les astronautes eux-mêmes en les soumettant à des tests. Les résultats ne mentionnent pas de modification spirituelle mais une conscience humaniste et écologique plus aiguë. En revanche, les effets sont beaucoup plus faibles lorsqu’ils sont mesurés sur des individus n’ayant pas réellement voyagé dans l’espace mais en faisant l’expérience par réalité virtuelle. Toutes les conclusions ne vont pas dans le même sens mais les répercussions sur des comportements durables, pro-environnementaux ou prosociaux, restent mitigés. On observe parfois une hausse significative du sentiment de lien à la nature ou d’identité globale mais… pas toujours. Ce qui paraît le plus constant, c’est que la simulation d’une expérience spatiale est liée à ce que la littérature nomme un „awe effect“ – qui est beaucoup mieux étayé scientifiquement – c’est-à-dire une forme d’émerveillement qui décentre le sujet de ses perceptions strictement individuelles. Cet état peut même produire des signatures neurophysiologiques mesurables, notamment par électroencéphalographie.
Sentiment étrange
Il reste que nous avons tous pu éprouver, même avec un effet plus minimal, ce sentiment étrange, renouvelé par les sublimes photos de la mission Artemis 2, de fragilité et de solitude de notre planète dans l’immensité de l’espace. La conquête spatiale a connu un coup d’arrêt ces dernières décennies qui a accompagné – sans l’avoir causé – la chute de l’idée de progrès. Celle-ci, qui était notre grand récit transpartisan (car il était défendu aussi bien à gauche qu’à droite), s’est effondrée à partir des années 1970 et nous fait regarder l’avenir avec terreur plutôt qu’avec envie. Certains considèrent aujourd’hui comme absurde et nuisible l’aventure spatiale : pour des raisons acceptables parfois, par un salmigondis idéologique d’autres fois. Mais les uns comme les autres ont-ils bien compris les services narratifs produits par l’idée d’un voyage vers la Lune ou au-delà quant à notre vision d’un monde partagé ? Il ne s’agit pas seulement d’une performance technique, mais de la possibilité d’apprivoiser, sans naïveté sentimentale, l’idée que la Terre est bel et bien notre demeure commune, et l’humanité notre lien unique.
Gérald Bronner est sociologue et professeur à Sorbonne Université.
Artemis 2 : la conquête de la Lune va-t-elle sauver le monde ? 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-04-18 07:33:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



