Le 28 février, Donald Trump et l’Etat d’Israël ont lancé une offensive aérienne inédite contre leur ennemi commun : l’Iran. Pour l’heure, aucune force terrestre officielle n’est engagée sur le terrain, et les bombardements massifs sur des centaines de cibles se poursuivent. Résultat, nombre de dirigeants de la République islamique, à commencer par le Guide suprême Ali Khamenei, ont été tués dans ces frappes permises notamment par les renseignements de la CIA. L’objectif affiché par Donald Trump quelques heures seulement après le déclenchement de l’opération „Epic Fury“ est clair : renverser le régime iranien en place depuis 1979. Derrière cette stratégie militaire se cache une doctrine longtemps discréditée mais remise au goût du jour par les cercles néoréactionnaires de Washington : le mythe du „regime change“ par les airs développé au début du XXe siècle par Giulio Douhet.
„Conquérir la maîtrise de l’air signifie la victoire ; être battu dans les airs signifie la défaite“, écrivait ce théoricien italien en 1921 dans son fameux Il dominio dell’aria, un écrit toujours étudié dans les écoles militaires. Pour résumer sa pensée : aucune arme – ni la défense anti-aérienne, ni l’aviation de chasse – ne serait capable de bloquer une offensive aérienne majeure. Ces offensives aériennes permettraient de remporter la victoire en bombardant les arrières de l’ennemi et ses centres vitaux économiques (industries, entrepôts, voies ferrées) et militaires (dépôts, quartiers généraux) mais également en bombardant les populations civiles pour briser leur moral. Les Etats adverses seraient ainsi contraints de se soumettre ou, dans le cas de la guerre en Iran, verraient la population se rebeller pour stopper les bombardements et aboutir à un changement de régime.
La mise en pratique de cette théorie est au cœur du second mandat de Donald Trump. Depuis janvier 2025, ce dernier a en effet bombardé l’Irak, le Yémen, la Syrie, le Nigeria, la Somalie et le Venezuela, où il est allé jusqu’à enlever le président Nicolas Maduro. Et tout cela pour un coût quasi nul pour les États-Unis. Pourtant, malgré ces succès de façade, la guerre moderne ne ressemble plus à celle que connaissait Giulio Douhet, et plusieurs épisodes du passé récent montrent les limites de cette théorie sur le long terme.
Les bombardements ne suffisent pas
Pendant la guerre du Vietnam, les Etats-Unis lancent l’opération „Rolling Thunder“ entre 1965 et 1968. Ils bombardent massivement le Nord-Vietnam pour forcer à accepter leurs conditions. Mais il n’en est rien. Les forces de Hanoï s’adaptent à cette nouvelle donne, dispersent leurs infrastructures, renforcent leurs défenses et mobilisent la population contre „l’ennemi américain“. Résultat : ces frappes n’ont pas changé le cours de la guerre et les Etats-Unis seront contraints de se retirer du pays en 1973.
Plus récemment, lors de la guerre du Golfe de 1991, les bombardements soutenus des Etats-Unis n’ont pas permis de contraindre l’Irak à se retirer du Koweït. Les Américains ont dû déployer des forces terrestres dans un second temps, et c’est bien cela qui s’est avéré décisif dans l’issue de ce conflit. De la même manière, en Ukraine, les frappes russes contre les infrastructures et les cibles militaires depuis plus de quatre ans n’ont pas permis à Vladimir Poutine d’obtenir la victoire escomptée car, sur le terrain, ses soldats ne parviennent pas à percer les défenses de Kiev.
Même la campagne de l’Otan au Kosovo, souvent citée comme un triomphe de la puissance aérienne, n’est devenue décisive que lorsque les forces serbes au sol ont été de plus en plus menacées et que la perspective d’une invasion de l’Alliance atlantique est apparue plausible. La leçon est claire, comme le note le Pr Robert A. Pape, de l’Université de Chicago, dans son étude systématique des campagnes aériennes : sans compromettre le contrôle territorial grâce à des agents au sol, les bombardements seuls contraignent rarement à la capitulation.
En Iran, le régime tombera-t-il avec ces frappes ? La supériorité aérienne inégalée des États-Unis est une arme de destruction massive, mais cela n’implique pas nécessairement une soumission politique. Donald Trump en est certainement conscient. Le président américain a déclaré ce lundi 2 mars au New York Post qu’il n’excluait pas d’envoyer des troupes terrestres américaines en Iran „si nécessaire“. La veille, il appelait les Gardiens de la révolution iraniens et la „police militaire“ à „déposer les armes et recevoir une immunité totale ou faire face à une mort certaine“, dans un message vidéo diffusé sur son réseau Truth Social. Le locataire de la Maison-Blanche, dans une brève allocution au ton très solennel, a aussi renouvelé son appel à un renversement des autorités : „J’appelle tous les patriotes iraniens en quête de liberté à saisir cette occasion, soyez courageux, soyez audacieux, soyez héroïques et reprenez le pouvoir. L’Amérique est avec vous.“ Dans le sous-texte, on comprend donc que la stratégie de Washington fonctionnerait si et seulement si le peuple prenait ses responsabilités. Sans cela, point de victoire totale pour les Etats-Unis bien que l’Iran sortirait inévitablement affaibli de cette confrontation inédite.
Vers un changement de régime rapide ?
Malgré le choc provoqué par l’assassinat de Khamenei, les experts mettent en garde contre toute prédiction d’un effondrement rapide. Selon eux, l’ordre politique iranien a été délibérément construit pour éviter toute dépendance envers un seul dirigeant, en répartissant l’autorité entre les institutions cléricales, l’appareil sécuritaire et les réseaux de pouvoir. „En interne, le système iranien est plus important qu’un seul homme. Tuer Ali Khamenei pourrait durcir le régime plutôt que de l’affaiblir“, a déclaré Danny Citrinowicz de l’Atlantic Council à Reuters. „L’Iran a été bâti pour survivre à la perte d’un dirigeant“, ajoute Ali Hashem, chercheur associé à Royal Holloway, Université de Londres. „Le danger ne réside pas dans un vide. Il réside dans la possibilité que la guerre et les pressions poussent le système au-delà de sa limite de résilience.“ Au cœur de cette résilience se trouve le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), corps d’élite longtemps considéré comme le véritable centre de gravité de l’Iran. L’équilibre des pouvoirs repose désormais sur la capacité des Gardiens à sortir affaiblis par les pertes sur le champ de bataille et les dissensions internes, ou au contraire, renforcés et unis autour d’une approche de la gouvernance plus dure et axée sur la sécurité.
L’Iran est désormais confronté à trois défis interdépendants : sa capacité à résister aux attaques ; la capacité de son élite en difficulté à s’entendre sur un successeur ou à adopter une nouvelle formule de gouvernement ; et la capacité d’une population ébranlée à transformer la crise en une rupture politique plus profonde. Personne ne sait encore de quoi cette crise va accoucher.
Changer le régime iranien par les airs ? Cette doctrine controversée qui a séduit Donald Trump 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-02 14:52:45 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



