Depuis le début de l’offensive américaine contre l’Iran, la Chine cherche à se positionner comme un intermédiaire oeuvrant pour la paix. Si elle profite de la dégradation de l’image de l’administration Trump pour se présenter comme un acteur responsable, un conflit prolongé pourrait lui coûter cher sur le plan économique. Surtout, Pékin a besoin d’un environnement mondial stable et prévisible pour poursuivre sa montée en puissance. La Chine a toujours rêvé d’affaiblir les Etats-Unis, mais une Amérique erratique et plus susceptible d’utiliser la force est jugée dangereuse par Pékin, explique Zongyuan Zoe Liu, chercheuse au Council on Foreign Relations, un centre de réflexion américain, à New York. Entretien, à l’approche d’une rencontre programmée à la mi-mai à Pékin entre Donald Trump et son homologue chinois.
L’Express : A vos yeux, la guerre lancée par les Etats-Unis de Donald Trump contre l’Iran constitue-t-elle plutôt une menace ou une opportunité diplomatique pour la Chine ?
Zongyuan Zoe Liu : La Chine s’est positionnée comme un intermédiaire dans ce conflit et cherche à coopérer avec des pays tels que le Pakistan ou l’Egypte dans le but d’obtenir un cessez-le-feu durable. Cette attitude lui offre l’opportunité de se présenter comme un facteur de stabilisation dans un contexte chaotique, et ainsi de soigner son image, notamment en comparaison avec les Etats-Unis, dont l’autorité morale et la crédibilité sur la scène internationale s’effritent. Le message central qu’elle veut faire passer, c’est qu’elle est un acteur responsable, qui souhaite maintenir la paix au sein du système mondial.
Toutefois, la diplomatie chinoise agit avec prudence et retenue, soucieuse de ne pas assumer au Moyen-Orient des responsabilités excédant ses capacités ou ses intérêts. Bref, elle ne cherche pas à s’imposer comme la puissance dominante dans la région.
Les autorités chinoises sont également conscientes des risques qu’un conflit prolongé ferait peser sur leur économie. Le bilan pour la Chine apparaît donc contrasté.
Comment le leadership chinois perçoit-il ce début d’année chaotique sur la scène internationale, sous l’impulsion de l’administration Trump (enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, menaces d’annexion du Groenland, guerre en Iran…)
Les dirigeants chinois observent que les Etats-Unis deviennent de plus en plus imprévisibles et de moins en moins capables de rallier leurs alliés dans une stratégie de „containment“ de la Chine.
Dans le même temps, ils constatent que, sous la présidence Trump, Washington est désormais plus enclin à recourir à la force militaire, à l’action coercitive. Ils sont également bien conscients du fait que les Etats-Unis conservent une supériorité militaire considérable, comme l’illustrent leurs récentes opérations extérieures, qui témoignent de capacités opérationnelles impressionnantes et d’une aptitude à conduire des actions décisives sur plusieurs théâtres. Autrement dit, tout doute éventuel quant à la compétence militaire américaine semble désormais levé.
Dans quelle mesure ce caractère imprévisible de l’administration Trump inquiète-t-il la Chine ?
Les dirigeants chinois souhaitent depuis des décennies voir les Etats-Unis s’affaiblir, mais pas au point qu’ils ne puissent plus contribuer au maintien de l’ordre international. Si Pékin peut tirer avantage d’une Amérique moins capable de contenir sa montée en puissance et de fédérer ses alliés contre elle, elle ne souhaite pas pour autant une puissance américaine en déclin erratique — imprévisible, violente, incapable de soutenir l’économie mondiale ou génératrice d’incertitudes globales.
Pékin s’irrite de la capacité de Washington à exercer un pouvoir unilatéral, notamment à travers l’imposition de sanctions. Et c’est pourquoi la Chine s’est inspirée des Etats-Unis et a mis en place un système alternatif lui permettant de se prémunir contre les sanctions potentielles – elle s’appuie notamment pour cela sur sa position dominante dans la chaîne d’approvisionnement des terres rares.
Mais cela ne signifie pas qu’elle aspire au désordre global. Devenue en quelques décennies la deuxième économie mondiale après avoir figuré parmi les pays les plus pauvres, la Chine a largement bénéficié du système international dominé par les Etats-Unis — un système dont a impérativement besoin pour poursuivre sa montée en puissance.
Au cours des trente dernières années, elle s’est appliquée à en intégrer les règles, à les contourner lorsque nécessaire, à tenter de les réformer, puis à élaborer des solutions de substitution. Lorsqu’un pays a investi autant d’efforts pour maîtriser les rouages d’un système qui avait l’avantage d’être prévisible, toute transformation de celui-ci devient une source majeure d’incertitude, peu compatible avec une planification efficace, la spécialité de l’Etat chinois. Le chaos et l’instabilité entravent donc la capacité des décideurs à concevoir et mettre en œuvre leurs politiques.
Autrement dit, la plus grande menace pour les ambitions de la Chine n’est peut-être pas la puissance américaine, mais l’instabilité américaine. Des Etats-Unis en déclin pourraient s’avérer plus dangereux qu’une puissance forte : une superpuissance instable de plus en plus tentée de recourir à la force tant qu’elle en a encore les moyens.
Que révèle le conflit au Moyen-Orient de l’influence réelle de la Chine, qui se positionne actuellement comme un intermédiaire dans le conflit ?
La Chine a de l’influence sur l’Iran, mais aussi sur le Pakistan. Mais, à mon sens, il ne faut pas surestimer le rôle ou l’influence de la Chine, car le Pakistan et l’Iran d’un côté ; le Pakistan et les Etats-Unis de l’autre (ces deux ont noué une coopération militaire depuis longtemps), entretiennent également de très bonnes relations entre eux.
En matière d’image et de soft power, la Chine de Xi Jinping est-elle en train de marquer des points sans avoir à faire quoi que ce soit, face à l’Amérique de Trump ? Dans un récent sondage publié par le site Politico, on constate que plusieurs pays européens considèrent désormais les Etats-Unis comme une menace plus grande que celle de la Chine…
Il est tentant de voir les choses ainsi : quand les Etats-Unis se sabotent eux-mêmes, la Chine paraît forcément plus attrayante. Mais c’est plus compliqué, à mon sens. Car dans des moments de crise comme celui-ci, certains pays peuvent légitimement se demander pourquoi la Chine, qui était l’amie du Venezuela et de l’Iran, n’a rien fait pour défendre ces derniers. Et douter, en conséquence, de l’intérêt de nouer un partenaire stratégique avec Pékin. Sauf qu’il ne faut pas attendre de cette dernière qu’elle se comporte comme les Etats-Unis, car elle n’a pas d’alliés à proprement parler, juste des partenaires.
Quant à la baisse relative de son image en Europe par rapport aux Etats-Unis, cela tient en grande partie au fait que, ces dernières années, Washington n’a pas suffisamment pris en compte ses alliés et a élaboré des politiques sans les consulter. C’était déjà le cas sous l’administration Biden, et ça l’est bien sûr plus que jamais sous Trump. J’ai l’impression qu’en Europe, l’évolution de l’image de la Chine par rapport à celle des Etats-Unis relève moins d’un attrait pour Pékin que d’une frustration envers Washington. Je ne suis donc pas sûre que l’on puisse parler d’une victoire totale de la Chine en matière de soft power.
Cette opération militaire en Iran, après celle menée au Venezuela, modifie-t-elle la façon dont la Chine envisage la „réunification“ de Taïwan ? La Chine se sent-elle plus libre d’agir à sa guise dans cette région où l’attention américaine est moins forte ?
Les forces américaines demeurent très respectées, et il est peu probable que les hauts gradés de l’Armée populaire de Libération (APL) aient aujourd’hui suffisamment confiance pour risquer une confrontation avec elles autour de Taïwan. Les Etats-Unis entretiennent par ailleurs une ambiguïté stratégique, en envoyant des signaux d’une plus grande disposition à recourir à la force. Dans ces conditions, Pékin ne peut exclure qu’en cas de conflit dans le détroit de Taïwan, Washington choisisse d’intervenir sans retenue.
Si l’on ajoute à cela la situation actuelle de l’APL, marquée par des purges importantes à son sommet, il semble peu probable que ses dirigeants soient enclins à s’aventurer dans une guerre. D’autant que la Chine dispose d’autres leviers pour poursuivre l’objectif de „réunification“, notamment à travers des incitations économiques, ainsi que des opérations d’influence et de désinformation visant à façonner l’opinion publique.
Dans ce contexte, la Chine aurait donc tout intérêt à éviter une confrontation militaire avec des Etats-Unis moins stables, plus militarisés et de plus en plus dépendants de la force comme principal avantage comparatif.
Si la visite de Donald Trump en Chine est maintenue les 14 et 15 mai, Xi Jinping sera-t-il en position de force si son homologue américain reste enlisé dans sa guerre au Moyen-Orient ?
Trump dispose de l’armée la plus puissante au monde. Je n’accorderais pas trop d’importance à la question de savoir si la guerre en Iran va donner l’avantage à Xi Jinping ou à Trump, car les relations bilatérales sont ce qui importe le plus, et tout le reste est secondaire. Si la rencontre a lieu, et qu’elle permet de prolonge la trêve dans la guerre commerciale et de marquer le début d’un rapprochement plus large entre Pékin et Washington, ce sera un succès pour les deux dirigeants.
Selon vous, quelle est la stratégie de Xi Jinping pour gérer Trump ? Tous les dirigeants se demandent aujourd’hui comment s’y prendre…
Xi Jinping n’est pas dans la même situation que les autres dirigeants. Il est censé être une figure „impériale“, il préside et il donne son aval à ce qui a déjà été négocié. Dans ce système, il n’a pas à „gérer“ Trump.
„Des Etats-Unis en déclin et instables sont dangereux pour la Chine“ : comment Pékin perçoit le chaos au Moyen-Orient 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-04-28 16:42:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



