Faut-il s’inquiéter du cadmium qui s’accumule dans les sols, et se retrouve bien souvent dans notre alimentation ? Et si oui, quels sont les risques pour la santé associés à la consommation de ce produit, normalement réservé à l’agriculture ? C’est à ces questions que l’Anses a entrepris de répondre dans un vaste rapport d’expertise de près de 400 pages. L’agence a passé au crible l’ensemble des sources d’exposition de la population française à ce métal lourd qui, une fois inhalé ou ingéré, s’amoncelle dans l’organisme où il peut rester entre 10 et 30 ans.
Conclusion : l’alimentation fait partie des premiers vecteurs de contaminations à ce toxique. Les résidus retrouvés dans la nourriture, expliquent à eux seuls jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs, même si le tabac constitue un facteur aggravant, puisqu’un paquet de cigarettes quotidien représente un apport absorbé comparable à celui de l’alimentation entière, souligne l’Anses. Pire : à en croire les experts de l’agence, la situation s’aggrave. En 2011, l’Étude d’alimentation totale 2 (EAT2) de l’agence montrait que 0,6 % des adultes et 14 % des enfants de 3 à 17 ans dépassaient les valeurs toxicologiques de référence du cadmium par la seule alimentation. En 2026, l’Étude d’alimentation totale 3 (EAT3) révèle que ces pourcentages montent jusqu’à 1,7 % chez les adultes et 27 % chez les enfants. Si l’augmentation est documentée, reste à savoir ce que nous risquons.
Des effets osseux et rénaux solidement documentés
Avec des résultats aussi négatifs, les scientifiques s’attendent à des conséquences forcément négatives, en termes de santé publique. „Il existe de nombreuses études toxicologiques menées sur des animaux qui montrent que le cadmium est néfaste pour la santé, mais quand on regarde les données épidémiologiques concernant l’exposition humaine en vie réelle, les évidences se limitent principalement aux effets osseux et rénaux“, résume l’épidémiologiste Luc Multigner. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un métal lourd qui s’accumule principalement dans les tissus osseux, comme le plomb.
Le rapport de l’Anses le confirme : les effets osseux constituent „l’effet critique“ du cadmium. Autrement dit, ce sont ceux qui peuvent survenir à la dose la plus faible. Ainsi, le risque de baisse de densité osseuse, pouvant mener à l’ostéoporose et aux fractures, a été identifié à partir d’un seuil de 0,5 microgramme de cadmium par gramme de créatinine urinaire – seuil que 47,6 % des adultes français dépassent. Et les projections sont préoccupantes : selon l’évaluation du projet européen HBM4EU, environ 23 % des cas d’ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans en France, en Belgique et en Espagne, seraient déjà attribuables à l’exposition au cadmium. Un chiffre que nuancent certains experts, qui préfèrent parler d’un „surrisque“ lorsque la valeur seuil est dépassée : „Toutes les personnes contaminées ne développeront pas cette pathologie, la réalité est donc un peu moins alarmiste que ce qu’affirme l’ANSES. Toujours est-il que le risque est important“, précise Luc Multigner. Si les niveaux d’imprégnation ne diminuent pas, cette proportion pourrait même atteindre jusqu’à 34 % en 2040, selon l’ANSES. Le coût associé pour le système de santé français (prise en charge des fractures des poignets, hanches, vertèbres) pourrait alors s’élever à 2,6 milliards d’euros, dans le pire des scénarios.
Les dégâts rénaux sont également solidement documentés. On le savait déjà, l’accumulation de cadmium dans ces organes peut provoquer, en cas d’exposition prolongée, une diminution du débit de filtration susceptible d’évoluer vers une insuffisance rénale. Ce lien repose sur une méta-analyse de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), regroupant 35 études épidémiologiques menées chez des populations en „exposition majoritairement environnementale“, dont en lien avec l’alimentation. Le seuil d’apparition des effets rénaux est toutefois d’un microgramme de cadmium par gramme de créatinine, le double du seuil osseux. Reste que le risque est bien réel, en particulier pour les personnes âgées dont la charge en cadmium s’est accumulée tout au long de leur vie.
Le lien entre le cancer du poumon et le cadmium est le troisième le mieux documenté. Néanmoins, ce risque n’est pas établi pour la population générale exposée par l’alimentation, mais pour les travailleurs exposés. „Les études épidémiologiques liées à une exposition par inhalation [ont été] réalisées pour la plupart en milieu professionnel“, souligne l’Anses, qui ajoute que „le comportement tabagique des individus doit également être pris en compte“. La classification du cadmium comme cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) repose d’ailleurs sur ces données professionnelles et tabagiques, pas sur l’exposition alimentaire.
Des risques à explorer, mais insuffisamment démontrés
Si les preuves concernant les atteintes aux os, aux reins et aux poumons sont solides, d’autres méritent de plus amples recherches. Ainsi, le rapport mentionne qu’un lien entre exposition au cadmium et effets cardiovasculaires „a été mis en évidence“ à des doses comparables à celles associées aux effets osseux. Mais l’Anses précise que ce signal mérite d’être surveillé, sans pour autant être considéré comme un danger aussi solidement documenté que les précédents.
L’expertise s’inquiète aussi de l’exposition prénatale, puisque le cadmium accumulé par la mère – principalement par voie alimentaire – traverse en partie la barrière placentaire et peut représenter jusqu’à 40 % de l’imprégnation du nourrisson dans ses trois premiers mois de vie. Plusieurs études épidémiologiques suggèrent qu’une exposition au cadmium durant la période fœtale est associée à des effets neuro-développementaux, ainsi qu’à des altérations du développement. Néanmoins, ces preuves restent „suggestives“, selon l’Anses. Il s’agit de signaux pertinents à creuser, mais pas encore de preuves établies. „S’agissant des études épidémiologiques, les résultats ne sont pas très consistants, même si les modèles animaux vont dans ce sens. De nombreuses études examinent à la fois les effets du mercure, du plomb et du cadmium et on a parfois des difficultés à séparer les effets de l’un et de l’autre“, note Luc Multigner. Par ailleurs, le cadmium est également classé „toxique pour la reproduction catégorie 2“ selon le règlement européen CLP, ce qui signifie que ces effets sont suspectés, mais pas formellement démontrés chez l’Homme.
Pas de lien entre l’alimentation et les cancers
En revanche, si des liens entre l’alimentation et les cancers du sein, de la prostate, du rein et du pancréas sont „suspectés“ par certains travaux, aucune démonstration robuste n’est venue le confirmer. Sur ce point, le rapport de l’Anses est sans ambiguïté : „Les données disponibles restent insuffisantes pour établir une relation dose-réponse claire entre le cadmium et la survenue de cancers à la suite d’une exposition par voie orale.“ Et d’ajouter : „Chez l’Homme, aucune étude ne permet de montrer clairement une association entre exposition par voie orale et cancer.“
Cette prudence scientifique contraste avec des affirmations entendues dans la presse, comme celle du Dr Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste, qui assurait en 2025 qu’il était „avéré que le cadmium est responsable de l’explosion des cancers, en particulier du pancréas“. Comme L’Express l’avait déjà détaillé, l’état actuel de la science ne soutient pas cette affirmation et aucun spécialiste des pathologies associées au cadmium ne soutient cette thèse. Des travaux sont en cours pour tenter de trancher la question, notamment l’étude Expo-PanCan, coordonnée par des chercheurs de l’Inserm, ainsi que l’étude de biosurveillance Albane, lancée par Santé publique France. Leurs résultats ne sont pas attendus avant plusieurs années.
Les aliments à surveiller
En attendant ces résultats, le rapport de l’Anses livre des recommandations en matière de consommation. Ainsi, si les céréales du petit-déjeuner et les barres sucrées représentent moins de 5 % de l’exposition au cadmium chez les enfants et les adolescents et à peine 1 % chez les adultes et que le chocolat contribue à moins de 3 % de l’exposition totale à partir de 5 ans, l’Anses les montre néanmoins du doigt, estimant que la population peut plus facilement s’en passer que les autres aliments concernés.
Car les véritables contributeurs majeurs sont plus banals : le pain et les produits de panification (jusqu’à 21 % chez les adultes), les pommes de terre (12 à 25 % selon l’âge), les pâtes, riz et céréales raffinées (7 à 12 %), les légumes et les viennoiseries. Des aliments de base, consommés quotidiennement et difficiles à éliminer de nos régimes alimentaires. L’Anses suggère néanmoins de favoriser les légumineuses (pois, fèves, lentilles), dix fois moins contaminées que les céréales, mais présentant un intérêt nutritionnel au moins égal, voire supérieur. Les substituer en partie aux produits céréaliers dans le régime alimentaire permettrait de réduire l’exposition sans diminuer la qualité de l’alimentation. Consommer bio plutôt que conventionnel ne change en revanche rien à l’affaire : l’Anses ne met pas en évidence de différence significative de contamination au cadmium entre les deux modes de production.
Reste que ces recommandations alimentaires individuelles ne suffisent pas, suggère le rapport. La principale solution passe plutôt par une réduction de la contamination à la source, soit la diminution de l’usage des engrais riches en cadmium, ou encore en évitant de cultiver les sols naturellement riches en cadmium. Des solutions qui ne manqueront pas de relancer un débat bouillant, devant prendre en compte les considérations économiques et sanitaires, tout en évitant les arguments de certains vendeurs de peur.
L’exposition au cadmium pourrait expliquer jusqu’à 34 % des cas d’ostéoporose d’ici 2040 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-25 20:49:53 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



