Un „pot de miel“ – technique consistant à mettre en œuvre un charme féminin pour attirer sa cible – au Sofitel Arc de Triomphe, un mini-van Mercedes, puis vingt-sept heures de captivité de Paris à Nice, des coups, des menaces de viol, des simulations de pendaison et d’égorgement au cri de „Allah Akbar“, pour une rançon de 5 millions d’euros. C’est le récit cauchemardesque qu’a déroulé Kakhramonjon Olimov le 24 juin 2025, dans sa déposition à la brigade de répression du banditisme à Paris, dont L’Express a pris connaissance. L’homme d’affaires de 48 ans, qui se décrit comme l’actionnaire unique d’une des plus grandes banques d’Ouzbékistan, mais aussi comme partenaire industriel d’EDF et Siemens, s’est ensuite adressé au quotidien Le Monde pour raconter son calvaire.
Sauf que les choses ne se sont pas passées de cette façon. En coopération avec The Insider, un média indépendant basé à Riga, en Lettonie, L’Express a pu consulter des documents et contacter toutes les parties. Et faire la lumière sur une mise en scène suivie d’une trahison, motivée par des différends commerciaux sous couvert de „persécution politique“. Une affaire emblématique de la manière dont des financiers de l’espace post-soviétique tentent d’instrumentaliser la France – et l’Europe – pour régler leurs comptes.
Plantureuse „Anastacia“
Celle qui se présente comme „Anastacia“, a expliqué Olimov à la police, a pris le même avion que lui pour rejoindre Paris depuis Istanbul. La plantureuse jeune femme d’environ 25 ans prend prétexte de cette coïncidence le 21 juin pour accoster le banquier au bar de son hôtel, feignant la surprise. Et lui faire du pied, sans grande subtilité. Le „pot de miel“ fonctionne : le lendemain, en sortant d’un déjeuner avec la belle brune luxueusement vêtue, Olimov est embarqué en plein jour par un groupe de barbus tchétchènes et turcs dans un mini-van, direction la banlieue parisienne. Un homme qu’il connaît l’accueille par une grande claque : c’est M. M., qu’Olimov décrit comme l’homme de main tchétchène de son ancien associé en Ouzbékistan, Batyr Rakhimov.
Pourtant, les documents écrits et oraux consultés par L’Express et The Insider montrent que le 22 juin, à l’heure de son „enlèvement“ dans le 8e arrondissement de Paris, Olimov était en fait engagé dans une conversation de plusieurs heures, de vive voix et des plus cordiales, avec M. M. Alors que le mini-van lancé à pleine allure emmenait le banquier vers Nice, quelqu’un a contacté une petite agence de voyages russophone via Telegram afin de louer par un intermédiaire une villa sur la Côte d’Azur. La personne a d’abord envoyé, avant de se rétracter et supprimer le message, le passeport de… Shukhrat Ziyaviddinov, l’associé d’Olimov.
S’ensuit, selon la déposition, une nuit de tortures dans le sous-sol de la villa : Olimov, selon ses dires, y était immobilisé sur un banc de musculation, en slip. Les maltraitances auraient été interrompues seulement l’après-midi suivant lorsqu’Olimov accepte de signer une reconnaissance de dette de 5 millions d’euros à M. M.
Or selon nos informations, cette reconnaissance de dette porte la mention d’un versement à effectuer „d’ici à deux ans“. Un délai curieux pour une rançon d’enlèvement. L’Express a pu consulter le rapport médico-légal établi huit jours après les faits, faisant état de bleus sur les bras et les jambes.
„Grand patron dans le crime“
A la police et aux journalistes, Olimov, a déclaré savoir qui était le commanditaire : Batyr Rakhimov, un homme d’affaires ouzbek de 59 ans „connu dans la criminalité organisée… grand patron dans le crime“, selon sa déposition, dont Olimov était l’employé à Tashkent jusqu’à 2016. Tombé – selon Olimov – en disgrâce auprès du nouveau président du pays, Rakhimov s’est alors exilé en Turquie, laissant son gestionnaire revendre ses entreprises locales en 2018. Là commence la carrière de financier d’Olimov, qui organise en 2019 le transfert des actifs à des proches du nouveau président avant de fonder sa propre banque, Anorbank, aujourd’hui gestionnaire de plus d’un milliard d’euros en monnaie locale et d’investir à la marge dans l’hôtellerie en Allemagne.
Différends commerciaux
Le détail des transactions de l’époque révèle qu’entre 2016 et 2018, Olimov avait convaincu son patron en exil de céder ses actifs ouzbeks pour la modique somme de 13,5 millions de dollars. Le Tchétchène M. M., un homme d’affaires actif en Europe, avait participé à ces négociations, et une somme de 10 millions lui avait été promise. Mais la dette n’a jamais été acquittée.
Depuis son retour en Ouzbékistan, Rakhimov se déclare victime d’un abus de confiance et estime son préjudice à 230 millions d’euros. Contacté par L’Express, il affirme avoir eu connaissance de „l’enlèvement“ après les faits, et suggère que les accusations d’Olimov visent à l’empêcher de le poursuivre en justice dans le cadre de leurs différends commerciaux.
Quant à M. M., il a tenté à plusieurs reprises d’obtenir son dû lors de rencontres avec Olimov à Moscou ces dernières années, sans succès.
„La police vient me chercher“
Dans les jours suivant „l’enlèvement“, Olimov et M. M. ont activement correspondu via la messagerie Telegram, échangeant messages amicaux et émojis. Alors même que, le 24 juin, Olimov se trouvait dans les bureaux de la brigade de répression du banditisme pour dénoncer M. M. à son insu, il organisait depuis son téléphone le transfert à ce même M. M. de 200 000 dollars via un contact à Tashkent, tout en en informant l’intéressé. Nouveaux messages amicaux le 25 juin, puis subitement, le 26 à 10h57, Olimov écrit à son compère : „La police vient me chercher. Je coupe les communications“. Réponse de M. M. : „Mais pourquoi ils viennent te chercher ? Ils ont compris que c’était une mise en scène ?“
Deux jours plus tard, le 28 juin, M. M. a quitté la France et écrit à Olimov depuis un nouveau numéro : „Bonsoir ! D’un côté tu m’as dénoncé, de l’autre tu me préviens pour la police. J’essaye de comprendre, on est encore amis ou non ?“ Olimov : „M., c’est toi ? – Oui. Tu vas bien ? – Il n’y a pas d’adversité entre nous, c’est pour ça que je t’ai prévenu. La situation s’est développée sur sa propre trajectoire. Je ne contrôle plus la situation … Allah soit loué qu’ils ne t’aient pas attrapé. Le Très-Haut t’aime. Il vaut mieux que tu ne m’écrives plus. Tu m’as compris.“
Jusqu’alors très loquace, l’entourage d’Olimov n’a pas souhaité commenter cette information, arguant d’un „danger de mort“ et nous redirigeant vers son avocat. Ce dernier a indiqué que la correspondance Telegram était sortie de son contexte.
Asile politique en France
Dans les affaires de crime financier traitées par le parquet à Paris et impliquant des magnats russophones, il n’est pas rare que les avocats des diverses parties fassent référence abusivement au contexte politique russe ou post-soviétique pour donner plus d’impact à leur plaidoirie – et pour préparer à leurs clients, le cas échéant, un asile politique en France. Selon un expert pénaliste indépendant consulté par L’Express, „l’instrumentalisation de la justice pénale par les parties civiles se voit souvent.“
L’Express et The Insider ont pu contacter et analyser les affiliations tant de Batyr Rakhimov que des „exécutants“ tchétchènes, et établir qu’ils ne correspondent pas à la description qu’en fait l’équipe d’Olimov. Rakhimov demeure dans une position fragile en Ouzbékistan, et n’y bénéficie pas de protection politique particulière. Quant au „grand patron du crime organisé Batyr Rakhimov“, il s’agit en réalité… d’un homonyme ! M. M., pour sa part, mène ses affaires commerciales entre l’Allemagne et la Turquie.
L’instruction a été transférée à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, compétente pour les affaires de délinquance financière et crime organisé d’une grande complexité. Un signe, selon notre expert pénaliste indépendant, que Paris s’est donné les moyens d’y voir clair.
„Pot de miel“, fausse rançon et arrangements : la vérité sur le „kidnapping“ d’un banquier ouzbek à Paris 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-11-17 16:42:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



