Rarement – plus précisément : jamais – le récipiendaire d’un prix Nobel de la paix n’a, depuis la création de cette récompense en 1901, fait l’objet d’attaques aussi nourries et coordonnées à l’échelle mondiale de la part de la gauche latino-américaine et européenne. Il aura fallu moins d’une heure, le 10 octobre, pour que, à l’annonce du nom de María Corina Machado, la mouvance altermondialiste, poussée par le mouvement castro-chaviste se mobilise massivement dans les médias et sur les réseaux sociaux. Objectif : dénigrer l’opposante au régime de Nicolás Maduro, minimiser son courage, effacer ses mérites et, in fine, faire oublier que, tout comme Cuba, le Venezuela est au XXIe siècle ce que les dictatures de droite étaient au précédent.
Pour abîmer l’image de la lauréate, les dignes héritiers de l’intelligentsia qui encensait Castro, Mao ou Pol Pot, recourent à la technique du gaslighting. Le terme provient du film Gas Light de George Cuckor (1944) où le personnage principal manipule psychologiquement sa femme pour inverser les rôles coupable-victime. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux et dans certains médias, la manipulation cognitive passe par une distorsion des faits, des omissions volontaires et des mensonges purs et simples conduisant à faire douter le grand public de leur perception de la réalité vénézuélienne.
Coutumier du gaslighting, Vladimir Poutine assène que Volodymyr Zelensky, le président ukrainien d’origine juive, est un nazi. Suivant la même méthode, les soutiens du régime vénézuéliens présentent María Corina Machado comme une personnalité d’extrême droite doublée d’une putschiste, avec la circonstance aggravante d’être née dans la bourgeoisie. Il s’agit de s’adresser à l’imaginaire des opinions mondiales dont la connaissance de l’histoire du Venezuela (et de l’Amérique latine) se résume parfois à une série de clichés – auxquels la lecture de Tintin et les Picaros n’a pas peu contribué.
„Donner le prix à Hitler“
Dans le concert de calomnies, la palme revient à Pablo Iglesias, ancien chef de file de Podemos et alter ego espagnol de Jean-Luc Mélenchon, pour qui le comité Nobel aurait „aussi bien pu donner le prix à Hitler“! La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum s’est, elle, contentée d’un méprisant „sans commentaires…“ au sujet de la lauréate. L’attitude du président colombien Gustavo Petro est du même tonneau. En Espagne, où l’Amérique latine relève quasiment du débat de politique intérieure, le chef du gouvernement Pedro Sanchez, qui est cerné par les scandales, a lui aussi choisi le boycott par le silence. Très proche du Venezuela à travers la figure de son prédécesseur José Luis Rodríguez Zapatero, le dirigeant socialiste affirme que, „par principe“, il ne félicite jamais les lauréats du Nobel. C’est faux : il a plusieurs fois félicité des Nobel.

En France, des journalistes qui n’ont jamais posé le pied au Venezuela ont pris l’habitude de qualifier María Corina Machado de dirigeante de la „droite radicale“ – une façon codée de dire „extrême droite“. L’expression a été prononcée récemment sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), puissante chambre d’écho internationale. Autre exemple : à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), un „expert“ du Venezuela explique tranquillement que la „nobélisée“ est une femme „dure et intransigeante“ mais aussi un „agent du chaos“.
Et cela, sans jamais expliquer pourquoi les Vénézuéliens des classes populaires qui avaient porté le colonel Hugo Chavez au pouvoir en 1999 votent désormais pour Vente (à la présidentielle 2024, volée par Maduro, le candidat du parti a recueilli 70 % des suffrages), le parti libéral et démocratique crée par „Maria Corina“ en 2012 dans l’espoir de restaurer la démocratie par la voie des urnes (un an plus tard, elle s’était fait tabasser jusqu’au sang par des députés pro-Chavez et pro-Maduro dans l’enceinte du Parlement, avec quatre fractures au nez). Aucun de ces commentateurs ne rappelle davantage pourquoi l’intéressée vit depuis un an dans la clandestinité : afin de n’être pas jetées dans la „tumba“ (la tombe), la prison de la police secrète de Caracas où l’on pratique la torture blanche (c’est-à-dire psychologique) comme au temps de la dictature argentine avec, par exemple, la lumière allumée vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Mais sur quoi, au juste, reposent les accusations des altermondialistes pro-Maduro qui reprochent à Machado, premièrement, d’être issue de la bourgeoisie. Indéniablement, Machado est née dans la „clase alta“, la plus haute classe sociale d’un pays pétrolier autrefois riche (c’était avant d’avoir été ruiné par Chavez et Maduro). Industriel de la sidérurgie et du pétrole, son père, un démocrate-chrétien, appartenait à la génération d’entrepreneurs qui ont développé et modernisé le pays après la chute du dictateur Marco Perez-Gimenez (1958). Mû par de nobles idéaux, il finançait d’ailleurs des bourses d’études pour des ouvriers dont il percevait le potentiel intellectuel et professionnel.

Un jour, il a reçu, un appel téléphonique d’Hugo Chavez (1999-2013) lui intimant d’arrêter ses bonnes œuvres : „Désormais, c’est nous qui nous occupons de la formation du peuple“, lui a expliqué le jeune président pour qui charité ordonnée commence par l’Etat socialiste. Autre grief à l’encontre de María Corina Machado : elle est de droite. Formée en partie à Harvard, l’opposante, qui est ingénieure, est en effet libérale. Elle prône la privatisation d’une partie de l’industrie pétrolière. Pour ressusciter un secteur ravagé par vingt-cinq ans de négligence et cleptocratie chaviste, il n’y a pas d’autre choix que d’attirer des capitaux étrangers, explique-t-elle à juste titre.
Dépeinte comme une putschiste d’extrême droite
Selon les altermondialistes cubanophiles (Cuba reste le modèle indépassable des partisans de Maduro), Machado serait aussi une putschiste. L’argument est répété en boucle. Il fait référence aux 47 heures pendant lesquelles Hugo Chavez a été chassé du pouvoir le 11 avril 2002. A l’époque, la popularité du colonel-président est en chute libre. La raison ? Il a renvoyé des milliers de salariés de l’industrie pétrolière, initié le démantèlement des institutions et commencé à réécrire les programmes scolaires en les politisant.
Réagissant aux brutalités des forces de l’ordre qui ont tiré sur la foule lors d’une grève qui s’éternise, une gigantesque manifestation populaire défile dans la capitale dans un climat de tension sociale alimenté par le président en personne. Par ailleurs, des hauts gradés ourdissent une conspiration pour se débarrasser de lui. Cette combinaison de facteur abouti au départ du président, à un vide du pouvoir et, faute de mieux, à l’avènement du „patron des patrons“ Pedro Carmona au sommet de l’Etat. Presque aussitôt, les militaires se ravisent et, à la faveur de dissensions entre généraux, Chavez, aidé par Fidel Castro en coulisse, retrouve son fauteuil de président.
Entre-temps, Carmona a reçu le soutien de María Corina Machado qui, comme d’autres, a depuis belle lurette perçu la dérive dictatoriale du chavisme (l’avenir lui donnera raison). Ultérieurement, les soutiens de Chavez et Maduro présenteront ce putsch d’opérette comme un événement historique considérable afin de mieux rehausser l’image de celui qui avait fui sans gloire ni héroïsme. En fait – personne ne le rappelle jamais – le seul authentique putschiste connu au Venezuela, c’est feu Hugo Chavez ! En 1992, sa tentative de coup d’Etat s’était soldée par une centaine de morts et le projet d’assassinat raté contre le président social-démocrate Carlos Andres Perez.

Enfin, María Corina Machado est accusée d’être d’extrême droite (leader de „droite extrême“, écrit L’Humanité), du fait qu’elle s’est déclarée proche de Donald Trump, de l’Argentin Javier Milei et de Benyamin Netanyahou. Pour comprendre ce positionnement, il faut savoir que l’opposition vénézuélienne n’a, depuis deux décennies, reçu le soutien substantiel d’aucun pays européen, pas même du „pays des droits de l’homme“, la France. Abandonnée par l’Europe, Machado s’est donc tournée vers les alliés qu’il lui restait. Comme l’a dit Churchill à propos de la nécessité de s’allier avec Staline qui n’était pourtant pas sa tasse de thé : „Si Hitler avait envahi l’enfer, je me serais débrouillé pour avoir un mot gentil pour le Diable.“
A devoir défendre le choix du comité Nobel (que critique également Vladimir Poutine, assurément un expert en matière de paix…) qui récompense le combat pacifique de Machado pour la démocratie, on en oublie l’essentiel. En raison de la répression politique et de la ruine économique causée par Hugo Chavez et Nicolás Maduro, 7 à 9 millions de Vénézuéliens vivent aujourd’hui en exil (et rêvent de rentrer chez eux). Depuis 2014, 18 506 personnes ont été arrêtées et emprisonnées pour des raisons politiques. Il y a actuellement 845 détenus politiques au Venezuela, dont 173 militaires, 103 femmes et 4 adolescents. Au fil des ans, des escadrons de la mort appelés „collectivos“ ont assassiné des centaines de personnes. Enfin, le régime de Maduro est intimement lié au narcotrafic et à l’exploitation illégale des réserves aurifères qui cause des ravages écologiques en Amazonie vénézuélienne, au sud du pays. Mais de cela, les supporters du régime de Caracas n’ont jamais entendu parler.
María Corina Machado, Prix Nobel de la paix… d’extrême droite ? Les folles accusations de la gauche pro-Maduro IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-10-17 07:25:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



