C’est un patron de presse parisien qui, couteau planté dans le steak, refuse le traditionnel vin rouge car en ce moment, il n’a plus vraiment la tête à ça, dit-il. C’est le conseiller d’un incontournable chirurgien marseillais, aucune habitude changée et qui pourtant boit „quatre fois moins“ que d’ordinaire, même le week-end. C’est aussi ce fêtard berlinois, pilier de club devenu „quasiment abstinent“ le soir venu. Il répugne l’ébriété. Ses compagnons de danse ne le reconnaissent plus.
Autant d’adeptes de la boisson, du jour au lendemain fâchés avec la bouteille. Leur secret ? Tous se sont récemment mis à s’injecter des „GLP-1„, ces nouveaux traitements prescrits aux patients en surpoids pour les faire maigrir. Les semaines suivant la prise de ce médicament, en plus de perdre des kilos, et de voir la satiété s’accentuer, les patients semblent brusquement éloignés de la boisson, l’envie et le plaisir de s’enivrer décapités en même temps que les fringales.
Un phénomène de mieux en mieux documenté dans la littérature : une étude publiée ce jeudi dans la prestigieuse revue The Lancet semble confirmer ces témoignages. Une centaine de personnes obèses souhaitant soigner leur alcoolisme ont été recrutées par les investigateurs, et en même temps que les injections d’Ozempic s’accumulaient, les jours de beuveries ont reflué de manière importante. Et ce, de façon bien plus marquée que chez les patients qui ont reçu un placebo et qui eux aussi tentaient d’arrêter.
„Un signal prometteur“
Durant les six mois de suivi, la quantité d’alcool consommée et la qualité de vie des malades ont également semblé s’améliorer. Des résultats qui ont de quoi susciter l’enthousiasme de la communauté scientifique, même s’il reste trop tôt pour se prononcer sur l’intérêt réel de ces médicaments. „Cette étude est un nouveau signal très positif et très prometteur, l’effet semble important comparativement au placebo. Mais les interrogations restent nombreuses“, résume Mickael Naassila, directeur de recherche INSERM, et spécialiste des conduites addictives.
Ces travaux, dits „randomisés et en double aveugle“, au standard de l’industrie pharmaceutique, ne sont pas les premiers à observer de tels effets. L’année dernière, un essai de phase II publié dans JAMA Psychiatry avait déjà montré des réductions comparables de la consommation journalière d’alcool, chez des personnes qui ne souhaitaient pas traiter leur alcoolisme. En 2022, un premier essai a été réalisé avec un médicament analogue appelé Exenatide – non commercialisé depuis 2024. En étudiant le sous-ensemble de patients à la masse corporelle la plus forte, les données plaidaient elles aussi pour un effet sur la consommation d’alcool.
„Dans ces études, les échantillons sont relativement faibles, mais les résultats convergent et soutiennent a minima d’explorer plus intensément l’hypothèse d’un effet de ces traitements sur les comportements alcooliques. Il en faudra plus pour convaincre les autorités, mais ces éléments sont très encourageants, surtout lorsqu’on regarde combien de médicaments permettant de lutter contre l’alcoolisme on retrouve sur le marché“, indique Mette Kruse Klausen, une des auteures de l’étude.
De nombreux essais en cours
En 75 ans, seulement trois substances ont été autorisées par la Food and Drug Administration, le régulateur américain. Aucun de ces médicaments ne permet de „soigner“ l’alcoolisme pour le moment. Signe des attentes autour de ces traitements, 13 essais de phase II ou plus impliquant des GLP-1 sont en cours, selon le site ClinicalTrials.gov. Et, à en croire les prises de position dans les revues scientifiques, des médecins un peu partout dans le monde ont déjà commencé à en donner à leurs patients empêtrés dans les situations les plus difficiles.
Comme le souligne une revue de littérature publiée en 2024 dans Pharmacological Research, plusieurs études mécanistiques sur l’animal laissent à penser que les GLP-1 agissent directement sur le système de récompense, empêchant le „craving“, cette irrépressible envie de boire. De premiers résultats publiés en 2022 ont notamment montré chez l’homme une plus faible activation de ces neurones, responsables du désir et du plaisir. Et ce, alors que des images de leurs cocktails favoris leur étaient présentées.
Pour l’instant, les scientifiques n’expliquent pas exactement le phénomène. Mais de premières pistes émergent. Les GLP-1 imitent le glucagon, hormone liée à la satiété. „Pendant longtemps, nous pensions que seul l’intestin pouvait en produire, mais de plus en plus de travaux montrent que ces substances sont présentes et produites dans le cerveau, et notamment dans les régions associées au système de récompense. Il est possible que les GLP-1 participent à le réguler, limitant l’effet de l’alcool et le manque associé“, indique Zyad Al-Aly, professeur à l’Université Saint-Louis (Washington).
Moins d’hospitalisations et de suicides
Le scientifique est l’auteur de plusieurs études d’épidémiologie sur le sujet allant dans le sens, elles aussi, d’un effet sur la consommation d’alcool, et publiées dans le British Medical Journal, notamment en mars 2026. Ses écrits se focalisent sur les vétérans de l’armée américaine, souvent sujets à l’alcoolisme. Ces derniers montrent une réduction des hospitalisations, des overdoses et des suicides chez les personnes traitées. De quoi laisser penser que les traitements contre l’obésité pourraient également limiter les conséquences de l’addiction.
En octobre 2025, une étude parue dans Scientific Reports a également montré que le ralentissement de la digestion provoquée par les GLP-1 contribuait à réduire l’absorption de l’alcool et donc la sensation d’ivresse. De quoi accentuer les effets observés sans les expliquer totalement. „Des études ont montré un effet sur la consommation de tabac, de cocaïne, et même sur les jeux d’argent“, souligne le Pr Zyad Al-Aly. Le scientifique estime lui aussi que ces données, prometteuses, ne suffiront pas à autoriser une mise sur le marché des GLP-1 comme traitement contre l’alcoolisme.
Les interrogations restent nombreuses. Pour le moment, les scientifiques ignorent ce qu’il se passe à l’arrêt des traitements. Un retour d’envie particulièrement intense pourrait augmenter le risque d’overdose et s’avérer contre-productif. Quid également de l’accoutumance ? De nombreuses études ont montré les capacités des neurones à se réorganiser en fonction d’une substance. Après quelques années sous traitement, la boisson pourrait redevenir attrayante.
Une fois ces questions résolues, les chercheurs devront enfin préciser le public cible. „Qui sont les personnes pour lesquelles ces médicaments seront les plus efficaces ? À quelle dose ? Sont‑ils sûrs à utiliser chez les personnes plus minces s’ils provoquent également une perte de poids ? Quel type de médicament (sémaglutide, liraglutide, tirzépatide, etc.) est le plus adapté pour l’alcool par rapport à l’affection pour laquelle ils ont été conçus ?“, souligne Alex DiFeliceantonio, maître de conférences au département de nutrition humaine de Virginia Tech. Du chemin reste à parcourir.
Ce que les traitements contre l’obésité pourraient apporter à la lutte contre l’alcoolisme 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-05-01 08:56:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



