Sur le front ukrainien, la température glaciale du mois de février s’est accompagnée d’un vent de panique sur les chaînes Telegram des blogueurs militaires russes. Mais celui-ci ne devait rien à la météo. „La désactivation brutale de Starlink par Musk s’avère extrêmement problématique pour nos forces, témoigne, angoissé, l’un de ces comptes très populaires et ultranationalistes. Pour l’instant, nos troupes ne disposent pas de système équivalent.“ Un autre, suivi par plus d’1,5 million de personnes en appelle, lui, aux dons, afin de financer des radios et palier aux „problèmes de communication“ survenus parmi les troupes : „Après le blocage de Starlink, les soldats sur le front ont besoin en urgence de notre aide pour relancer l’offensive et repousser les attaques ennemies.“
A l’origine de cet affolement inhabituel, Elon Musk, patron de SpaceX et de sa filiale Starlink, qui, début février, a soudainement décidé d’empêcher l’accès de l’armée russe à sa constellation de plus de 10 000 satellites, qui fournissent une connexion Internet partout sur le front. Un revers cinglant pour les forces de Poutine, mais surtout, un rappel du spectaculaire impact que peuvent avoir sur le champ de bataille les décisions de l’homme d’affaires américain, qui avait lancé ce service en 2015. „Cette connectivité par satellite est devenue cruciale, confirme Thibault Fouillet, directeur scientifique de l’Institut d’études de stratégie et de défense. Concrètement, elle permet d’échanger des informations en temps réel, de coordonner des frappes d’artillerie et de drones, ou même de guider des missiles et munitions nécessitant une connexion GPS.“
Sérieuse déconvenue
Tout est parti d’un tweet. „Il semblerait que les mesures prises pour empêcher l’utilisation non autorisée de Starlink par la Russie aient porté leurs fruits“, a simplement constaté le multimilliardaire le 1er février, dans un court message sur sa plateforme X. Bien que les sanctions américaines interdisent de vendre les services de Starlink à la Russie, Moscou avait, dès 2023, trouvé des moyens de contournement en mettant la main sur des terminaux permettant de s’y connecter, sur le marché noir ou par l’intermédiaire de pays tiers. Mais la mise en place par SpaceX et Kiev en février d’un système de filtrage qui autorise uniquement la connexion aux dispositifs préalablement inscrits sur une „liste blanche“ – et bloque tous les autres – a brutalement privé les Russes de toute connexion.
La déconvenue est d’autant plus sévère pour l’armée russe qu’elle en avait généralisé l’usage au combat. Au point d’aller jusqu’à équiper certains drones à longue portée de terminaux, pour en démultiplier le potentiel destructeur. „L’intégration de Starlink dans leurs systèmes aériens leur permettait d’être presque insensibles au brouillage et pilotables avec une grande précision“, retrace Kateryna Bondar, chercheuse au Center for Strategic and International Studies de Washington. Ces engins ont rapidement fait leurs preuves. Fin janvier, les Russes ont ainsi revendiqué des frappes avec des drones BM-35 et Molniya-2 dotés d’équipements Starlink contre plusieurs véhicules circulant sur une autoroute dans l’est du pays, et même contre deux trains – des cibles en mouvement, bien plus difficiles à toucher.
Privés des technologies d’Elon Musk, les Russes tentent de s’adapter. A la mi-février, plusieurs médias du pays ont relayé le premier test d’un système baptisé Barrage-1, sorte de ballon stratosphérique censé transporter des équipements 5G et servir de relais Internet aux troupes au sol. „Ce serait plus de l’ordre de la rustine, jauge Thibault Fouillet. Pour l’heure, il n’existe pas de capacité clé en main qui leur permettrait de remplacer les performances et la fiabilité de la constellation spatiale d’Elon Musk.“ Il faut dire que le projet „Rassvet“, le Starlink „made in Russia“ piloté par la société privée Bureau 1440, a du plomb dans l’aile. Le lancement de ses 16 premiers satellites initialement prévu en 2025 a dû être reporté… faute d’avoir été assemblés à temps. A court de solutions, Moscou cherche désormais à soudoyer des Ukrainiens pour qu’ils enregistrent à leur nom des terminaux destinés à être utilisés par les forces russes. Deux habitants de la région d’Odessa ont d’ores et déjà été arrêtés pour ce motif le 24 février, et accusés de haute trahison par Kiev.
En attendant, l’armée ukrainienne a habilement su tirer parti de ce coup de pouce donné par le patron de Starlink. Rien qu’en février, ses contre-attaques lui ont permis de réaliser des gains inédits depuis plus d’un an et demi, en libérant jusqu’à 200 kilomètres carrés, selon les données de l’Institute for the Study of War de Washington. „La capacité de communication des Russes a été fortement altérée et c’est très problématique en première ligne, souligne Katja Bego, chercheuse à la Chatham House, à Londres. Cela en dit long sur l’état de leur armée, censée être l’une des meilleures du monde, mais totalement dépendante d’un système externe.“
Une dépendance qui interroge
L’Ukraine n’en reste pas moins tributaire de ce service aux mains d’un Elon Musk aussi versatile qu’imprévisible. Son positionnement ambigu sur le conflit n’avait d’ailleurs pas manqué d’éveiller les craintes en mars dernier. „Mon système Starlink est l’épine dorsale de l’armée ukrainienne. Toute leur ligne de front s’effondrerait si je le coupais“, s’était-il énervé sur X, quelques jours après l’altercation inédite entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans le bureau Ovale. Effondrement ou pas, la connectivité permanente offerte par Starlink est effectivement précieuse à plus d’un titre. Dans les endroits les plus reculés, elle est essentielle pour faire tourner le système Delta, une plateforme clé pour organiser l’action des troupes ukrainiennes sur le front.
Ce n’est pas sa seule application. „Tous les drones maritimes ukrainiens reposent sur Starlink pour pouvoir être contrôlés à distance avec une faible latence, souligne Kateryna Bondar, du CSIS. En cas de coupure, l’Ukraine se retrouverait quasiment sans force navale.“ Par le passé, le magnat de la tech américaine n’a pas hésité à faire usage de son pouvoir pour influer sur les opérations ukrainiennes. En 2022, craignant une escalade, il avait secrètement ordonné à ses équipes de désactiver son service au large de la Crimée pour déjouer une attaque contre la flotte russe.
En l’absence de boussole claire, difficile de savoir ce qu’a en tête le milliardaire. „Nous ne le considérons ni comme un héros, ni comme un ennemi, jauge Lesia Orobets, fondatrice de l’ONG ukrainienne Price of Freedom, qui œuvre à la protection du ciel ukrainien. Mais l’influence que peuvent avoir ses décisions sur le cours de la guerre et le sort de milliers de vies ne fait que démontrer l’immense responsabilité qui est la sienne.“
Au-delà de Kiev, les chancelleries européennes s’interrogent elles aussi sur une solution de secours. Le franco-britannique Eutelsat, avec sa constellation de satellites OneWeb, pourrait-il s’y substituer ? „Même si elle ne dispose pas encore des moyens de Starlink, cette entreprise a récemment gagné de nombreux clients, note Katja Bego, de la Chatham House. De plus en plus de pays européens l’envisagent comme un moyen de ne pas dépendre des services d’Elon Musk.“ En mars dernier, sa PDG, Eva Berneke, avait affiché l’ambition d’atteindre à terme 40 000 terminaux en Ukraine – soit rigoureusement le nombre de ceux déployés par Starlink. Une telle opération nécessiterait toutefois du temps, et surtout, beaucoup d’argent. D’ici là, Kiev n’a guère d’autres choix que s’assurer les bonnes grâces de l’imprévisible Elon Musk.
Guerre en Ukraine : avec Starlink, l’influence hors norme du très versatile Elon Musk 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-05 04:48:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



