Dans un monde où les progrès de l’IA sont si rapides qu’on n’arrive plus à les suivre, quelle compétence distinctive devrions-nous cultiver pour lui tenir tête ? À cette question existentielle, nombre de dirigeants ont une réponse toute trouvée. Il existe, nous disent-ils, une aptitude indispensable pour prendre les bonnes décisions dans les affaires comme dans la vie, et que les machines n’égaleront jamais : le jugement.
Blair Effron, banquier d’affaires de réputation mondiale, en souligne l’importance dans le New York Times. Pour fixer le juste prix dans une transaction complexe, l’IA, estime-t-il, n’arrive pas à la cheville d’une éducation classique : „le jugement ne peut être automatisé.“ Dans la Harvard Business Review, le consultant David Duncan s’inquiète que les jeunes managers ne parviennent plus à développer leur jugement, puisque en utilisant l’IA, ils se privent d’occasions de l’exercer. Dans un livre récent, le psychologue Barry Schwartz théorise les expériences de ces praticiens : „prendre de bonnes décisions, c’est une affaire de jugement, pas de calcul“.
Tout cela est rassurant – comme on se rassurait naguère en pensant qu’un ordinateur ne pourrait jamais jouer au go, soutenir une conversation, ou rédiger un devoir de philosophie. Mais que recouvre ce mystérieux „jugement“ ? Pour Duncan, c’est „la capacité d’agir avec sagesse quand les règles seules ne suffisent pas“. Comme remplacer „jugement“ par „sagesse“ ne fait guère progresser la réflexion, un exemple illustre son propos. Deux cadres sont en désaccord sur l’opportunité de lancer un produit. L’un des deux craint que le produit ne soit encore trop imparfait. L’autre estime qu’il serait plus risqué encore d’attendre et de céder le terrain aux concurrents. Conclusion : „aucun des deux n’a tort“, car c’est une affaire de jugement.
Des jugements éthiques de l’IA jugés plus fiables
L’incohérence de cette conception du jugement saute aux yeux. Si aucun des deux cadres n’a tort, lequel a raison ? Que doit faire l’entreprise qui les paie justement pour exercer ce précieux jugement ? Et si l’on renvoie dos à dos des jugements opposés, que signifie cultiver un bon jugement ?
De fait, cet exemple est bien un problème de jugement. Ce n’est pas un simple calcul (sinon, on pourrait départager les deux managers) ni une affaire de goût ou d’opinion (où des points de vue divergents seraient bienvenus). Mais cela ne signifie pas que toutes les réponses se valent. Ce qui caractérise une question de jugement, c’est qu’elle admet une bonne réponse, mais une bonne réponse que nous ne connaissons pas (ou pas encore).
Nous devrions donc nous demander si l’IA peut trouver cette bonne réponse aussi souvent, ou plus souvent, que la plupart d’entre nous. Rien, en principe, ne s’y oppose. Au contraire : prendre en compte une multiplicité d’informations de natures différentes, y reconnaître des motifs tirés de l’expérience, et choisir la voie qui, dans l’incertitude, a le plus de chances d’être correcte, c’est justement ce que l’IA fait mieux que nous. Quantité d’études le démontrent déjà. L’IA formule des jugements éthiques qui semblent plus dignes de confiance et plus réfléchis que ceux d’éthiciens de premier plan. Elle parvient mieux que des médiateurs humains à faire émerger un consensus dans une délibération démocratique. Les chatbots sont souvent perçus comme plus empathiques que les professionnels de santé. Et ces résultats, obtenus avec des modèles déjà obsolètes, seraient plus spectaculaires encore aujourd’hui.
La revanche du management
Alors, tous inutiles, tous esclaves de l’IA ? Non, bien sûr. Car à force de glorifier la décision comme une prérogative suprême, on en oublie qu’elle ne se prend pas dans le vide. Avant d’exercer son jugement (ou celui d’une IA), il faut comprendre les aspirations, percevoir les inquiétudes, hiérarchiser les objectifs. Au moment du choix, il faut transmettre l’énergie, inspirer confiance, pousser à l’action. Ce n’est pas un hasard si l’une des rares études récentes où l’humain conserve l’avantage dans la comparaison avec l’IA porte sur le coaching : pour aider un humain à progresser, il faut être humain. Et une fois la décision prise, il faut en assumer la responsabilité et en supporter les conséquences, y compris sur sa réputation personnelle.
En somme, qu’on décide avec son jugement ou avec une IA, la décision ne fait pas le manager. Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, semble presque s’en étonner quand il explique à un auditoire de polytechniciens : „votre plus grande valeur en tant que personne, c’est votre capacité relationnelle, à comprendre les gens, à les organiser.“ On ne saurait mieux dire que la compétence clef de demain n’est pas le jugement : c’est le management.
*Olivier Sibony, professeur à HEC Paris, est l’auteur, avec Éric Hazan, de Faut-il encore décider ? La décision humaine à l’ère de l’IA (Flammarion, 240 p., 19 euros).
Olivier Sibony (HEC) : „Le jugement humain est-il déjà dépassé par l’IA ?“ 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-20 07:32:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



