Ils s’appellent Sofia, Viktor, Lena et Pavel. Ou plutôt, nous les appellerons ainsi. Sofia travaille avec l’association Mémorial, interdite en Russie. Viktor, employé sur une base militaire, fait passer des informations à l’armée ukrainienne. Lena combat dans les rangs d’une unité de volontaires russes intégrée aux forces armées de Kiev. Pavel aide les réfugiés des régions russes touchées par la guerre, et en profite pour distiller des messages pacifistes.
Les contacter nous a pris plusieurs mois. Les conversations ont eu lieu par la messagerie cryptée Signal, plutôt que Telegram, soupçonnée d’être infiltrée par le FSB. Deux d’entre eux ont préféré garder éteinte leur caméra au moment de témoigner. Tous ont relu, avant publication, leurs interviews, pour s’assurer qu’il n’y restait aucune information risquant de les identifier formellement. Le risque qu’ils ont pris, en nous parlant, est considérable tant, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, la répression est omniprésente en Russie.
Le 6 août 2024, prenant les Russes par surprise, l’armée ukrainienne perce leurs maigres défenses et déferle sur les régions de Koursk et Belgorod, occupant plusieurs villes et jetant sur les routes des milliers de fuyards. Pour la première fois depuis le début du conflit, le territoire national russe est occupé. Les administrations locales s’avèrent incapables d’aider les réfugiés – comme le Kremlin. Ce sont des bénévoles locaux qui prennent le relais. Pour certains d’entre eux, c’est l’occasion de faire passer, dans les colis de nourriture, des messages antiguerre. Parmi eux, Pavel.
„J’ai toujours été actif en politique. Avant la guerre, j’avais un projet sur la mémoire des victimes des répressions. Je tenais aussi des blogs d’actualité et de politique. Quand l’invasion a commencé, j’ai réalisé que je devais faire absolument tout mon possible pour expliquer la réalité aux gens. Le 6 août 2024, je suis allé, avec quelques camarades, au point d’accueil qui avait été désigné pour les réfugiés. Il y avait des centaines de personnes, totalement démunies, les autorités locales étaient absentes. J’ai contacté des activistes de Moscou, nous avons trouvé un entrepôt, organisé des collectes et des livraisons… Nous avons aussi aidé des personnes à se reloger, d’autres à s’installer ailleurs. C’est en aidant les gens que l’on peut faire de la politique. S’il n’y a que Russie unie [NDLR : le parti de Vladimir Poutine] qui les aide, ils ne vont même pas se poser de questions. Nous, nous leur disons : ‘Nous vous aidons parce que nous sommes pour la paix’. Ils voient qu’il existe une alternative à cette guerre qui vient de détruire leurs maisons.
Faire évoluer la société civile, c’est une course de relais
Aujourd’hui, en Russie, on ne peut plus participer à la vie politique, mais on peut développer une société civile. Pourquoi l’ancien gouverneur de Koursk a-t-il perdu son poste ? Parce que les habitants, qui avaient perdu leurs maisons, leurs proches, leur vie d’avant, sont sortis manifester. Le pouvoir a dû réagir. C’est la force de la société civile. Maintenant, nous devons la faire évoluer, comme d’autres l’ont fait avant nous. C’est une course de relais. Si on ne le fait pas, personne le fera, et tout s’arrêtera. Bien sûr, il ne faut pas attendre de résultats immédiats, c’est un processus, il n’est jamais achevé, mais il donne des résultats, même dans une société aussi monolithique que la Russie. De fait, de plus en plus de gens voudraient la paix.
Si j’avais voulu quitter le pays après le début de l’invasion, j’aurais pu le faire. Certains de mes proches l’ont fait. Si l’on place sa sécurité et son confort personnel au premier plan, on peut toujours partir. Mais j’ai d’autres objectifs. Imaginez que vous voyez une petite fille qui va mourir si elle ne reçoit pas ses médicaments, que ferez-vous ? On peut rester bien au chaud ou les aider. J’ai choisi d’aider, ce qui m’amène à travailler avec des opposants. Car personne, à part eux, ne le fait. Il y a des ‘agents de l’étranger’ parmi nous, et alors ? [NDLR : La loi russe exige que quiconque reçoit un „soutien“ ou est sous „l’influence“ de l’extérieur de la Russie doit s’enregistrer comme „agent de l’étranger“].
Même si tout s’effondre, il ne faut jamais renoncer à ses droits
Si l’on ne pense qu’aux risques, on peut tout arrêter. Je ne fais rien d’incroyable, ce n’est que du bénévolat. S’il m’arrive de me décourager, je pense à ceux dont la situation est pire que la mienne. Des gens ont souffert, des gens sont morts, des gens se sont fait tirer dans le dos dans le centre-ville de Moscou. Si ça ne t’arrive pas, tu as déjà plus de chance qu’eux. Moi, je continuerai quoi qu’il arrive, je ne peux pas m’arrêter. Il faut continuer de distribuer de l’aide humanitaire, il faut que les réfugiés puissent rentrer chez eux, qu’ils soient indemnisés et, surtout, qu’ils comprennent une chose : pour que cette situation ne se reproduise plus jamais, ils doivent être des citoyens actifs, connaître leurs droits, savoir les défendre et exiger qu’on les respecte.
Même si tout s’effondre, il ne faut jamais renoncer à ses droits. Et même si tout semble sombre, il y a une raison objective d’espérer. En URSS, tout paraissait perdu jusqu’à ce que le régime s’effondre. Et puis, regardez l’autre camp, ceux qui soutiennent la guerre, les hauts fonctionnaires d’Etat. Vous voyez bien qu’ils ne vont pas mieux que nous. Comment peut-on faire une carrière de haut fonctionnaire et finir par se tirer une balle dans la tête dans sa voiture de luxe ? [NDLR : en juillet dernier, Roman Starovoït, ministre des Transports et ancien gouverneur de la région de Koursk, a été retrouvé mort, probablement suicidé, dans la banlieue de Moscou].
Le changement finit toujours par arriver, sinon nous vivrions toujours dans des cavernes… Notre objectif est d’y préparer la société, pour qu’elle soit capable, quand le moment viendra, de prendre son avenir en main. Rappelez-moi dans vingt ans et vous verrez, nous y serons. Je vous le garantis à 100 % !“
„En URSS, tout paraissait perdu jusqu’à ce que…“ : Pavel, ce militant qui aide les réfugiés russes au nom de la paix 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-11-11 07:35:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



