%random_image[Plan de paix à Gaza : Donald Trump a-t-il éradiqué le Hamas ?]%“ alt=“Plan de paix à Gaza : Donald Trump a-t-il éradiqué le Hamas ? Au lendemain des massacres du 7-Octobre, Benyamin Netanyahou avait fixé deux buts de guerre : le retour de tous les otages et l’éradication de la branche armée du Hamas. Le premier objectif est en passe d’être réalisé, le second s’annonce plus incertain. Mais dans tous les cas, l’accord arraché par Donald Trump satisfait largement les exigences du Premier ministre israélien et place le mouvement islamiste dans une situation délicate.
En tout début de semaine prochaine, tous les otages israéliens encore en vie à Gaza rejoindront leur foyer. Les corps des autres Israéliens emportés vers Gaza le 7 octobre ou assassinés en captivité seront inhumés en Israël. Contrairement aux accords précédents, le Hamas consent cette fois-ci à livrer les captifs en une seule fois, se privant ainsi d’un atout essentiel dans son rapport de force avec Israël.
Contrairement aux discours réjouis entendus sur la place des otages à Tel-Aviv, la libération des otages ne doit rien à l’impressionnante mobilisation populaire israélienne, dont le Hamas n’a que faire. Décapité, assiégé jusque dans ces derniers bastions du centre de Gaza, sous pression de son principal sponsor – le Qatar -, le mouvement terroriste pouvait difficilement poursuivre son bras de fer avec Israël. En cas d’échec des négociations, Trump avait prévenu qu’il n’imposerait plus aucune limite à l’action de Tsahal à Gaza. La libération des derniers otages apparaît donc comme le résultat de l’intense pression militaire exercée par Israël depuis deux ans.
Dans l’esprit du Premier ministre israélien, la guerre totale menée depuis deux ans à Gaza visait à disqualifier définitivement le Hamas aux yeux des Palestiniens et du monde arabe. Les représailles de l’expédition sanguinaire du 7-Octobre auront causé 70 000 morts, la destruction des trois-quarts du bâti et une crise humanitaire épouvantable sans que jamais le Hamas ne puisse infliger de pertes significatives à son ennemi. Dans la négociation en cours, il n’obtiendra même pas la libération de prisonniers emblématiques, comme Marwan Barghouti. Pis, selon un plan élaboré entre Israël et les États depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, le Hamas devra remettre le pouvoir à une autorité placée sous tutelle internationale, sans participation de l’Autorité palestinienne.
Clause létale
L’accord de paix comporte en outre une clause létale pour le Hamas : la démilitarisation du mouvement et la destruction des fameux tunnels offensifs dans lesquels sont détenus les otages. D’ores et déjà, le mouvement islamiste a réaffirmé son refus de rendre les armes, „l’âme de la résistance“, selon lui. Une posture rappelant à bien des égards celle du Hezbollah au Liban. Interpellé sur ce point par ses ministres d’extrême droite, Benyamin Netanyahou dit avoir obtenu de Donald Trump le maintien d’une présence militaire israélienne à Gaza – et l’autorisation de frapper le cas échéant — jusqu’au désarmement effectif du Hamas.
Enfin, l’avenir pourrait réserver au Hamas un autre camouflet : la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite, évoquée avec insistance par l’administration Trump. Malgré la violence de l’opération militaire à Gaza, le royaume s’est contenté durant deux ans de protestations de pure forme et n’a guère critiqué son proche allié, les Emirats arabes unis, qui a poursuivi sa coopération avec Israël – surtout sur le plan militaire – et sévèrement réprimé toute manifestation de solidarité avec les Palestiniens. Ironie de l’histoire : l’Arabie saoudite s’apprêtait à normaliser ses relations avec Israël quand le Hamas a déclenché les hostilités, torpillant à dessein le processus.
Défait sur le champ de bataille et écarté du pouvoir à Gaza, le Hamas peut cependant revendiquer une victoire indéniable : l’explosion d’antisémitisme et de haine anti-israélienne en Occident depuis le 7-Octobre. De Londres à Amsterdam, des centaines de milliers de manifestants ne cachent pas leur soutien au Hamas et leurs rêves d’extermination d’Israël. Et rien ne dit que cette vague d’hostilité envers l’Etat juif refluera avec la fin du conflit à Gaza.
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