Alors que la COP30, boycottée par les États-Unis de Donald Trump, s’achève ce 21 novembre et que nous vivons une période de backlash (régression) écologique sans précédent, il est plus urgent que jamais de répondre à cette question capitale pour l’avenir de la planète : pourquoi l’écologie nous emmerde-t-elle tant ?
Une question régulièrement posée dans les médias sous différents angles. Moins souvent dans la littérature dite écologiste. Elle l’a pourtant été récemment par Éric Aeschimann, journaliste au Nouvel Obs, dans un livre au titre incompréhensible : Les Vipères ne tombent pas du ciel. L’ouvrage d’Aeschimann a le grand mérite de regarder la réalité en face : Total et Trump ne sont pas les seuls à rejeter l’écologie, les classes populaires aussi. Pourquoi ?
Selon lui parce que l’écologie est devenue technocratique (difficile à contredire), donneuse de leçon (bien vu) et, encore plus fondamentalement (c’est là que les choses se gâtent), parce que nous avons été envoûtés par le Grand capital. Oui, vous avez bien lu. Rendons la parole à l’auteur pour ne pas trahir sa pensée : „J’émets du CO2 parce que ma vie quotidienne est insérée dans des dispositifs sociotechniques conçus dans le but précis de maximiser le profit des entreprises qui les ont mis en place.“ Autrement dit, la pollution ne sert qu’à enrichir Bernard Arnault. Puisque nous avons été envoûtés par des capitalistes qui nous conduisent à polluer, la seule solution est une sorte d’exorcisme anticapitaliste. Ne souriez pas, ce n’est pas très charitable. Englués dans leurs dogmes bien-pensants et idéologiques, les écologistes ont définitivement tourné le dos au bon sens. Tâchons donc d’y revenir.
Transition dans un temps record
La transition environnementale est un défi d’une ampleur sans précédent. Rien que pour décarboner le monde, il faut radicalement changer nos modes de production et de consommation. Et, pour faciliter la chose, il faut le faire en un temps record : quelques décennies, disons entre vingt et cinquante ans.
Les humains sont-ils capables de telles prouesses ? À l’évidence, oui. L’humanité est capable de mobilisations monumentales. Les pyramides, pour ne donner qu’un exemple, sont là pour en témoigner. Mais pour se mobiliser, les hommes ont besoin d’y être poussés. Traditionnellement, trois ressorts mobilisent les foules et bâtissent des empires : la peur, l’intérêt et la contrainte. Pour illustrer le propos, en 2020, les gens ont été contraints de se confiner. Mais ils l’ont majoritairement accepté par peur du Covid-19. Il y a deux siècles, la révolution industrielle a transformé les sociétés européennes comme jamais. Perdant leur emploi, les paysans ont été contraints de devenir des ouvriers. Mais dans son ensemble, la société s’est jetée dans l’industrialisation en raison des promesses de progrès dont elle était porteuse. Il y avait un intérêt à tout changer.
Aujourd’hui, le drame de la transition environnementale est d’impliquer un changement global et radical qui ne peut être motivé ni par la peur, ni par l’intérêt. En effet, à l’exception de quelques éco-anxieux occidentaux, l’immense majorité de l’humanité n’a pas peur de la crise environnementale. La fin du mois l’effraie bien plus qu’une hypothétique et abstraite fin du monde. Pour reprendre une image de Pablo Servigne, si l’on pose une araignée sur une table et un rapport du Giec, nous aurons spontanément bien plus peur de la première que du second. Idem pour l’intérêt. Le plus souvent, il n’y a pas de gain à décarboner son activité. Au contraire même, le plus souvent, cela engendre un manque à gagner, une perte. Pour un industriel, éco-concevoir ses produits réduit les marges. Pour un agriculteur, passer à l’agroécologie réduit les rendements. Pour un consommateur, une voiture électrique coûte plus cher qu’une voiture thermique et des aliments bio plus que des aliments industriels.
Les fausses solutions de l’écologisme politique
Dans ces conditions, que reste-t-il pour agir ? La contrainte. Mais la contrainte sans autre motivation, la contrainte sans peur et sans intérêt, cela ne fonctionne pas très bien. D’où les affres dans lesquelles l’écologie est plongée depuis des décennies. Primo, le blocage et la résistance : sans peur ni intérêt, aucun industriel ne veut spontanément revoir ses procédés de production, aucun agriculteur ne veut se passer d’eau ou d’engrais et personne ne veut spontanément isoler son logement, changer de voiture, de chaudière, arrêter de prendre l’avion et de manger de la viande.
Secundo, cela explique l’impopularité de l’écologie politique et son échec. Difficile de gagner les élections en promettant du sang et des larmes. Pour cela, il faut donner envie et faire rêver. Tertio, une contrainte sans peur ni intérêt, c’est pain béni pour les populismes. Quarto, en conséquence, rien de surprenant à ce que le sujet soit de plus en plus polarisé. Enfin, le stop-and-go (on prend des mesures et on revient dessus) découle naturellement de cet état de fait. Rien de plus naturel que le backlash actuel.
Face à cette situation que, sans craindre l’euphémisme, on peut qualifier d’insatisfaisante, l’écologisme nous propose de fausses solutions. Les gens n’ont pas assez peur ? Qu’à cela ne tienne, il faut verser dans le catastrophisme pour les effrayer. Ils n’ont pas d’intérêt à transitionner ? Qu’à cela ne tienne, surévaluons les bénéfices de cette transition. Surtout les bénéfices politiques en s’adressant à une clientèle d’extrême gauche orpheline du marxisme. La transition environnementale, c’est la redistribution, c’est la collectivisation, c’est l’anticapitalisme, en un mot, la transition, ce sont des lendemains qui chantent. Naturellement, rien de tout cela ne peut fonctionner. Le catastrophisme tétanise ou exaspère. L’assimilation de la transition environnementale à la Révolution est encore plus stérile car en décalage avec les réalités de notre temps.
Taxer et investir plutôt qu’interdire
Heureusement, existent de vraies solutions. Schématiquement, deux leviers doivent être actionnés pour alléger la contrainte qui constitue le terreau de la transition environnementale. Primo, quitte à contraindre, il vaut mieux privilégier l’auto-contrainte à la contrainte jupitérienne. Ainsi vaut-il mieux taxer qu’interdire. Car la taxe se retrouve dans le prix des biens et services et, in fine, c’est le portefeuille le juge de paix. Quand le prix des choses augmente, c’est moi qui me contrains, c’est moi qui me rationne, ce n’est pas l’État qui m’interdit quelque chose. Et je peux effectuer des arbitrages, faire mes propres choix. Toujours au chapitre de l’autocontrainte, la démocratie directe devrait permettre de mener des politiques écologiques bien plus ambitieuses que la démocratie représentative. Car cette dernière est déresponsabilisante. Au contraire, en démocratie directe, je suis placé en situation de responsabilité vis-à-vis aux enjeux d’avenir. C’est ce qu’a démontré la Convention citoyenne pour le climat qui a accouché de propositions très ambitieuses.
L’autre levier, évidemment, c’est le soutien. Le rapport Pisany-Ferry l’a rappelé, la transition environnementale coûtera forcément cher. Elle nécessite d’importants investissements. Pour éviter l’implosion sociale, elle nécessite de la redistribution. Il s’agit de prendre collectivement en charge le coût de la transition des plus fragiles et des plus modestes. Soutenir, c’est aussi subventionner ce qui verdit et créer les infrastructures nécessaires à la décarbonation. Soutenir, c’est enfin protéger de la concurrence internationale les acteurs économiques qui supportent le poids des normes environnementales.
Seuls ces leviers sont de nature faire sortir du paradigme de la contrainte, à réconcilier fin du mois et fin du monde. Car seuls ces leviers sont de nature à créer de véritables incitations à la transition. De tels cercles vertueux sont déjà observables ici et là. Ne prenons que deux exemples, l’un micro, l’autre macro. À force d’investissements, la voiture électrique est devenue compétitive. Aujourd’hui, un chauffeur VTC a un intérêt économique à rouler électrique. Plus besoin de se faire prier pour le faire ou d’y être contraint. À l’échelle macro, la Chine est en train de se décarboner bien plus vite que prévu. Pas pour les beaux yeux de la planète, mais parce qu’elle veut être leader des industries de décarbonation. Un volontarisme politique qui réconcilie l’intérêt de la planète avec ses intérêts nationaux.
Rien d’étonnant donc à ce que l’écologie nous emmerde aujourd’hui. Mais ce n’est pas une fatalité.
*Essayiste et prospectiviste, Antoine Buéno est notamment l’auteur de Faut-il une dictature verte ? et Futur, notre avenir de A à Z (Flammarion).
Pourquoi l’écologie nous emmerde (et comment y remédier), par Antoine Buéno 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-11-21 11:48:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



