Bernard Haykel est professeur d’études du Proche-Orient à l’université de Princeton, chercheur à l’Hudson Institute et chroniqueur pour L’Express. Alors que les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran restent bien incertaines, l’universitaire tire déjà un bilan sombre de cette guerre voulue par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, en estimant que tous les protagonistes sortiront perdants de cette séquence, des Etats-Unis à l’Iran, en passant par Israël, les pays arabes ou le Liban. Il avertit aussi sur le fait que si ce conflit se prolonge, ses effets seront pires que le choc pétrolier de 1973…
L’Express : Comment voyez-vous l’évolution bien incertaine de ce conflit entre Etats-Unis et Iran ?
Bernard Haykel : C’est comme s’il y avait deux montres distinctes. Les Iraniens sont convaincus qu’ils ont le temps, et peuvent négocier pendant très longtemps, alors qu’à leurs yeux, Donald Trump est sous pression pour arriver à un accord rapide, en raison de la situation économique. Pour eux, le président américain a vacillé en offrant un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, forçant Netanyahou à s’arrêter, puis en permettant un nouveau cycle de négociations au Pakistan. Les Iraniens y voient des signes de faiblesse. Mais en même temps, les Américains sont eux convaincus que le régime iranien est aujourd’hui très décentralisé, et qu’il n’arrive plus à communiquer entre ses différentes factions, signe de tensions importantes en son sein. C’est peut-être vrai, ou pas, car le régime est délibérément très opaque.
Ce conflit peut-il s’éterniser ?
Comme l’a montré le magazine The Economist, la crise énergétique ne fait réellement que commencer maintenant, parce que tous les cargos qui sont passés par le détroit d’Ormuz avant le déclenchement de la guerre sont arrivés à destination, et qu’il n’y a plus de surplus de pétrole. Or si le prix de l’essence connaît une flambée ou que la bourse vacille, Donald Trump sera rapidement obligé de donner aux Iraniens ce qu’ils veulent. Bien sûr, il présentera ça comme une grande victoire.
Qu’en est-il des pays arabes ?
La grande peur de ces pays, c’est que Trump soit capable de les laisser tomber, sans rouvrir Ormuz. Dans ce cas, les Iraniens contrôleraient le détroit et pourraient imposer des droits de douane sur les pays arabes. Ce serait vraiment laisser le pouvoir aux Iraniens dans la région.
Mais par ailleurs, les pays du Golfe sont aussi très déçus par la Chine. Ils s’attendaient à ce que Pékin fasse pression sur l’Iran pour des raisons économiques. L’Iran représente environ 9% des importations de pétrole de la Chine, tandis que l’Irak, le Koweït, les Émirats et l’Arabie saoudite réunis, c’est 37%. J’ai eu confirmation que l’Arabie saoudite et le Koweït ont même demandé à la Chine d’envoyer des navires sous pavillon chinois pour venir chez eux et repartir avec le pétrole, en sachant qu’ils ne risquent pas d’être attaqués par les Iraniens. Mais Pékin a refusé. Désormais, les pays arabes savent donc que la Chine privilégie la compétition contre les Etats-Unis, qu’ils savent en mauvaise posture au Moyen-Orient. Pékin préfère voir l’Amérique s’effondrer, même si ça coûte très cher pour les pays du Golfe.
Israël n’a-t-il pas profité de ce conflit pour affaiblir durablement l’Iran, la menace existentielle numéro pour l’État hébreu ?
Benyamin Netanyahou était, je crois, convaincu que le régime iranien allait s’effondrer. Cela n’est pas arrivé. Au contrairement, il s’est durci. Yossi Cohen, l’ancien patron du Mossad, a déjà fait publiquement savoir que le régime allait tenir, et qu’on ne pouvait pas lui faire confiance. Alors certes, les Israéliens ont sur le plan militaire considérablement affaibli l’Iran, mais ils se retrouvent avec un régime qui n’est plus prêt à aucun compromis avec les Etats-Unis et Israël. Dès que la guerre s’achèvera, le régime fera d’ailleurs tout pour achever une bombe nucléaire, car il est clair à ses yeux que s’il avait disposé de l’arme atomique, il n’aurait jamais été attaqué. C’est donc un objectif primordial pour lui.
Si ce conflit s’étend de plusieurs mois, ses effets se feront lourdement sentir cet été.
Les négociations au Liban peuvent-elles aboutir ?
C’est comme une pièce de théâtre. L’administration américaine parle de négociations entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien, avec la perspective d’un traité de paix et une frontière stabilisée. On a déjà vu ça dans les années 1980. Après l’invasion israélienne en 1982, il y a eu un accord entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien. Mais à l’époque, c’est Hafez el-Assad et la Syrie qui ont tout bloqué, avec notamment des assassinats de politiciens libanais. Aujourd’hui, le gouvernement libanais est très faible et l’influence iranienne sur le pays n’a pas diminué. Je suis certain que le Hezbollah va jouer le même rôle qu’Assad à l’époque, c’est-à-dire nuire et faire capoter tout accord. Il est parfaitement capable de mener une campagne d’assassinats contre des politiciens libanais pour arrêter ces négociations. Tant que le Hezbollah reste armé et capable d’imposer sa force par la violence, je ne vois pas comment un vrai accord entre Israël et le Liban serait possible.
Si l’on vous suit, c’est donc un échec pour tous les acteurs de ce conflit ?
Oui, tout le monde est perdant. Les pays arabes ont payé un lourd prix économique et financier, et ont montré leur faiblesse. Après cette guerre, ils vont devoir s’armer bien plus sérieusement, ce qui sera très coûteux.
Et l’Iran ?
Le régime a survécu, mais c’est un pays dévasté. La grande question est maintenant de savoir si un certain ordre peut être rétabli au Moyen-Orient, ou si l’Iran agira comme un tigre blessé qui sera très agressif avec ses voisins.
Donald Trump va-t-il payer politiquement cette „petite excursion“ en Iran ?
Les sondages sont très clairs. Si l’économie ne s’améliore pas, il connaîtra un revers aux élections de mi-mandat en novembre. L’inflation est revenue, et le prix du pétrole monte. La seule chose qui se porte toujours bien, c’est la bourse, grâce à l’IA. Les gens ne réalisent pas à quel point cette crise peut être beaucoup plus importante que le choc pétrolier de 1973. A l’époque, la crise avait perturbé 5% de la production mondiale de pétrole. Aujourd’hui, c’est au moins 10%. Si ce conflit s’étend de plusieurs mois, ses effets se feront lourdement sentir cet été, période où dans l’hémisphère nord on consomme beaucoup plus de pétrole. On voit déjà les signes sur les prix des billets d’avion. Si le conflit s’arrête maintenant, l’Arabie saoudite ou le Koweït pourront d’ici à un mois revenir à l’essentiel de leurs niveaux de production. Mais si ça continue, le retour à la normale prendra de plus en plus de temps.
„Il n’y a que des perdants dans cette guerre au Moyen-Orient…“ : l’analyse pessimiste de Bernard Haykel 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-04-24 05:14:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



