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Frédéric Beigbeder : „En Russie, vous trouveriez des dizaines et des dizaines d’Epstein…“ 2026

Юстиция Иванова by Юстиция Иванова
март 29, 2026
in 2025 Actualités, Actualités mondiales, Analyses, Enquêtes, La France aujourd'hui | Actualités de France
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Frédéric Beigbeder : "En Russie, vous trouveriez des dizaines et des dizaines d’Epstein…" 2026

Frédéric Beigbeder : "En Russie, vous trouveriez des dizaines et des dizaines d’Epstein…"

Frédéric Beigbeder se serait-il assagi pour de bon ? De passage à Paris, ce n’est pas au bout de la nuit mais à 9 heures du matin qu’il nous donne rendez-vous pour faire cette interview – à Saint-Germain-des-Prés, quand même, car certaines choses ne changent pas. Il publie Ibiza a beaucoup changé (Albin Michel), un recueil de nouvelles où son double romanesque Octave Parango nous emmène aux Baléares mais aussi au Pays basque, à Londres, ainsi qu’à l’extrémité de la Finlande, en Laponie – contrée inhabituelle pour cet homme que l’on associe plus spontanément aux boîtes de nuits occidentales qu’aux chiens de traîneau septentrionaux.

Quel Européen est Beigbeder ? Dans une conversation à bâtons rompus, on l’interroge sur ses souvenirs de ses cours à Sciences Po ainsi que sur les pays inattendus qu’il a découverts grâce aux traductions de ses livres ; et lui nous parle de Milan Kundera, de l’état actuel de la Russie ainsi que du scandale Epstein, qu’il avait annoncé dès 2007 dans son livre Au secours pardon. La frivolité apparente n’empêche pas d’évoquer les affaires sérieuses.

L’Express : Après vos études à Sciences Po, vous aviez 24 ans lors de la chute du mur de Berlin. Que signifiait l’Europe pour le jeune homme que vous étiez ?

Frédéric Beigbeder : C’était le sujet le plus ennuyeux au monde ! Tous ces grands débats autour du traité de Maastricht… Ce qui m’intéressait, à l’époque, c’était de savoir s’il valait mieux sortir chez Castel ou aux Bains Douches. Je voyais l’Europe comme une superstructure bureaucratique grisâtre – comme toujours, les principaux bénéficiaires d’une utopie sont des ingrats et des enfants gâtés. Je me rappelle Mitterrand serrant la main d’Helmut Kohl en 1984, et nous répétant quelle chance les gens de mon âge avaient de grandir dans un monde sans guerre. Ça nous paraissait le minimum. Comment être galvanisé par la Communauté économique européenne ou par les montants compensatoires monétaires ? En service public à Sciences Po, on étudiait les droits de tirage spéciaux – je ne me souviens même plus à quoi ça sert.

Si vous aviez réussi l’ENA, quelle carrière auriez-vous faite ? Diplomate ?

Aucune idée, on ne saura jamais… Dieu merci, je ne me suis pas réveillé le premier jour du concours. J’aurais peut-être travaillé à Bruxelles avant de me suicider à 32 ans ? Je reviens une seconde à votre première question : si je veux avoir une réponse un peu moins méprisante, je dirais que, dans le domaine de la littérature, pour le coup, l’Europe voulait dire quelque chose. Kundera militait beaucoup pour l’idée d’une Europe littéraire. Il a fait connaître des écrivains d’Europe centrale. De mon côté, je lisais des auteurs anglais, allemands, italiens… Voici une utopie à laquelle j’adhère : cette idée selon laquelle on n’écrit pas exactement pareil en Europe que dans le reste du monde. Après deux guerres mondiales sur notre sol, notre nihilisme vient de quelque part et notre cynisme a une excuse.

L’euro a-t-il changé quelque chose pour l’auteur de 99 francs ?

J’avais 36 ans lors de sa mise en circulation et oui, j’ai alors commencé à me sentir vraiment européen. Ça a été un énorme changement. On pouvait partir en week-end à Venise, Berlin ou Barcelone sans avoir à changer de monnaie, et on était comme chez soi dans des villes étrangères, comme dans un seul grand pays.

Votre nouveau livre s’appelle Ibiza a beaucoup changé. Où fallait-il sortir en Europe quand vous étiez un grand fêtard ?

Dans mon livre on va aussi à Londres, Saint-Tropez et New York – qui est une ville européenne. Je ne l’ai pas fait exprès mais ça donne un petit tour… Au cours des années 1990, j’allais beaucoup à Formentera et Ibiza. Avec le gigantisme des discothèques d’Ibiza, c’était la première fois qu’on voyait une nuit industrielle. Ces boîtes sans toit, où on dansait à ciel ouvert… Encore une forme d’utopie : il y avait des milliers d’Anglais et d’Allemands, toute l’Europe se mélangeait au son d’une musique nouvelle, l’électro. Le club phare était le Space, lancé en 1989 : il se situait sur une plage, non loin de l’aéroport, on voyait les avions décoller au-dessus de nos têtes. Je n’aime pas danser mais je me souviens qu’une nuit, alors que j’avais pris des produits, un copain était venu me voir pour me dire que je dansais depuis… dix heures. Il était temps de rentrer se coucher.

A propos de drogues, Ibiza a beaucoup changé est votre premier recueil de nouvelles depuis Nouvelles sous ecstasy, qui date de 1999. C’est le genre littéraire le plus addictif ?

Nouvelles sous ecstasy est un long-seller en Folio – sans doute à cause du titre qui attire tous les toxicomanes. J’adore les nouvelles. En ce moment, on entend beaucoup que les jeunes n’arrivent plus à se concentrer longtemps sur un gros livre. Nous tous, notre attention est sollicitée en permanence par les écrans. Proposer des textes courts est peut-être la solution. En tout cas, il faut essayer. On a de très bons nouvellistes en France, comme Bernard Quiriny ou Alain Bonnand. Et qu’on parle d’Europe n’est pas absurde : en réunissant les nouvelles qui composent Ibiza a beaucoup changé, je pensais à Ouvert la nuit de Morand, où on se promène aussi dans pas mal de capitales.

En vérité c’est Ibiza qui a changé ou vous qui avez vieilli ?

Les deux, bien sûr. Il faut y ajouter le Covid. L’année où je suis retourné à Ibiza, tout le monde portait un masque à l’aéroport – auparavant, les gens avaient des platform boots et des plumes dans le dos. Les discothèques étaient ouvertes, mais on devait respecter les distances de sécurité. C’était une vision totalement surréaliste et déprimante ! Cet endroit qui est consacré aux rencontres et où on les interdisait prenait des airs apocalyptiques.

Et Saint-Tropez ?

Je n’y vais plus. Dans le livre, il y a une nouvelle, Gare aux hydrocutions, que j’espère assez émouvante et qui est une de mes préférées du recueil. Ça se passe au Club 55. Il y est question d’une célébrité qui passe ses vacances à Saint-Tropez, entourée de sa bande de parasites. Depuis Sagan, on a peu décrit ces endroits… J’attends toujours le grand roman sur Saint-Tropez ! Je me suis fait plaisir avec cette chanteuse qui parle avec un petit garçon sur une plage. Ceux qui aiment les nouvelles de Salinger verront l’hommage à Un jour rêvé pour le poisson-banane.

Ibiza a beaucoup changé s’ouvre par une nouvelle qui se passe à Londres. Au fond n’êtes-vous pas plus américanophile qu’anglophile ? Vous avez souvent fait référence à Bret Easton Ellis ou Jay McInerney, moins à Martin Amis ou Julian Barnes…

C’est vrai. On est toujours un mélange de ses parents. Or je suis le fils d’une aristocrate périgourdine et d’un play-boy américain. Je serai toujours tiraillé entre ces deux origines. Enfant, à cause de mon père qui était un homme d’affaires international, j’étais fasciné par New York. Je pensais que c’était là que mon père était parti après son divorce – et de fait, il passait beaucoup de temps aux Etats-Unis. Ça me faisait fantasmer que mon père ait la nationalité américaine par sa mère. Je suis allé le voir à New York, il nous a fait faire le tour des Etats-Unis avec mon frère quand j’avais 10 ans. J’ai beaucoup de souvenirs là-bas, j’ai des cousins dans le Sud et à New York. Et c’est ma deuxième patrie sur le plan littéraire. Je n’écrirais pas si je n’avais pas lu Bukowski à 16 ans – Contes de la folie ordinaire, encore un recueil de nouvelles ! Ça m’avait frappé qu’on puisse écrire des textes de deux à quatre pages avec des pochtrons et des prostituées, ça contrastait avec ce qu’on me faisait étudier en cours de français. Puis j’ai découvert l’univers féerique de Fitzgerald, avec ces femmes en robe du soir qui échappent à des dandies coincés ou à des nouveaux riches… Les nouvelles de Fitzgerald, Salinger et Bukowski m’ont ouvert une porte et autorisé à écrire.

New York vous fait encore rêver aujourd’hui ?

Je suis un touriste de l’antiquité. A New York comme à Paris je vais toujours dans les mêmes endroits, dans de très vieilles institutions. A New York, je me rends chez Harry Cipriani, sur la Cinquième Avenue, où les serveurs ont des vestes blanches et où l’on croise des vieilles dames qui promènent leur chien dans Central Park. J’aime aussi le restaurant de burgers P. J. Clarke’s et le Grand Central Oyster Bar, sublime brasserie Art déco où j’ai situé une scène de mon roman Oona et Salinger – ils s’y revoient quand ils sont vieux. Je n’ai aucune curiosité pour les nouveaux endroits, je préfère les lieux classiques, indémodables. C’est pareil à Londres, où ma nouvelle se passe au Claridge’s. Il ne faut pas acheter mon livre si l’on est en quête d’adresses branchées.

Et la Russie ? Le héros récurrent de vos nouvelles est Octave Parango, le personnage principal de 99 francs mais aussi d’Au secours pardon, qui se passait au pays de Poutine. C’est un coin perdu pour vous ?

J’y allais beaucoup, hélas depuis l’invasion de l’Ukraine je n’y ai plus mis les pieds, ce dont je suis très malheureux. J’adore le peuple russe et sa culture, sa littérature, son cinéma, sa musique. J’ai beaucoup d’amis là-bas, on s’écrit, mais je ne peux plus m’y rendre. Carrère l’a bien expliqué : il y a des risques d’être enlevé, de servir de monnaie d’échange ou que sais-je… En plus j’ai dit beaucoup de choses contre Poutine dans les médias. Ce serait vraiment dangereux pour moi de m’y aventurer. En revanche j’aimerais beaucoup retourner en Ukraine, et je pense que je vais le faire bientôt. Je n’ai toujours pas compris cette guerre. Pour moi, ce sont deux peuples frères – quelqu’un comme Gogol était originaire d’Ukraine. Au Pays basque, où je vis, je vais souvent à l’Hôtel du Palais à Biarritz : les Ukrainiens et les Russes s’y croisent, discutent, prennent leurs repas ensemble… Mais dans la version ukrainienne de mon livre Bibliothèque de survie on m’a demandé d’enlever le chapitre sur Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski, que j’ai remplacé par un texte sur Le Pingouin d’Andreï Kourkov. Sachez enfin que, selon mes renseignements, la fête continue en Russie : pendant que les jeunes vont se faire tuer dans le Donbass, les gens sortent toujours à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Une clientèle chinoise, indienne et saoudienne a remplacé les Européens et va dépenser son argent là-bas. Ce serait passionnant à voir et à raconter…

Toujours au sujet d’Au secours pardon : Octave Parango y était talent scout. Pourriez-vous publier un tel livre aujourd’hui, avec l’affaire Epstein et tout ce qui sort sur son bras droit français Jean-Luc Brunel et les sombres coulisses du milieu du mannequinat ?

Mon roman parle de cette affaire. Il y est question d’un rabatteur français qui ramène des filles à des oligarques. Jean-Luc Brunel est même cité : à un moment, il y a un concours de beauté à Saint-Pétersbourg, et dans le jury se trouve Brunel. Je racontais exactement ce qui se passe : comment les filles sont recrutées à 14 ou 15 ans, puis comment on les envoie à l’étranger, logées à plusieurs dans des appartements. Seules quelques-unes travaillent. Celles qui ne travaillent pas sont invitées dans des dîners chez des messieurs très riches. Au secours pardon, qui date de 2007, était en avance : on pourrait me faire crédit d’avoir dénoncé cela il y a presque vingt ans. J’ajouterais que l’affaire Epstein est assez banale. Dans le milieu du mannequinat, il n’y a pas que lui qui profitait des filles recrutées par Brunel et consorts. Cette exploitation était courante. En Russie, vous trouveriez des dizaines et des dizaines d’Epstein. D’ailleurs il y avait eu un scandale à Courchevel l’année de la sortie d’Au secours pardon quand le milliardaire russe Mikhaïl Prokhorov avait été arrêté parce qu’il avait rempli un avion de jeunes filles arrivées là pour une soirée… Même Poutine avait dit qu’il fallait arrêter d’exagérer, que ça devenait voyant.

Quelques auteurs européens apparaissent dans Ibiza a beaucoup changé, dont Paul Nizon, écrivain suisse trop méconnu. Il demeure un de vos maîtres ?

C’est une de mes obsessions ! Il est presque mon contraire absolu : il est discret, mystérieux, on ne le voit jamais dans les médias. C’est ma statue du commandeur. J’aime beaucoup L’Année de l’amour et son journal dans l’ensemble. En tant que critique, je suis souvent attiré par ce qui est censé ne pas me ressembler. Ne défendre que des hussards qui font de brillants aphorismes, ça me lasse vite. J’aime l’idée d’aller dans la Creuse rencontrer Pierre Michon, ou d’interviewer Peter Handke et Serge Rezvani. Je cherche un truc qui n’existe plus dans le milieu littéraire : la transmission. La visite au grand écrivain était une tradition, autrefois. J’ai eu ce sentiment avec Nizon, qui est généreux, curieux des autres sans essayer de vous séduire, disant les choses très franchement, en Suisse alémanique. Notre amitié dure depuis longtemps.

Kundera, dont vous parliez au début de l’entretien, vous l’avez bien connu ?

Je n’oublierai jamais notre premier verre en tête-à-tête… J’ai tout de suite fait une gaffe. On s’était rencontrés aux réunions de la revue L’Atelier du roman, on avait eu quelques conservations avec Benoît Duteurtre, Houellebecq, Philippe Muray, toute cette bande… Un jour, Kundera m’appelle et me donne rendez-vous, me convoque presque, au Lutetia. J’étais alors éditeur chez Flammarion, et il voulait que je publie un ami à lui qui était clochard, Petr Král – ce que j’ai fait. Sitôt arrivé, pour faire le malin, je commande un verre de vodka. Et là Kundera offusqué m’explique que la vodka c’est l’alcool des Russes, et que lui et ses amis versaient de la vodka sous les chaînes des chars russes à leur entrée dans Prague en 1968 – c’était la seule insolence symbolique que les jeunes Tchécoslovaques pouvaient se permettre envers leurs envahisseurs. J’avais l’air idiot avec ma vodka. Du coup, on avait bu de la poire.

Et les Belges dans tout ça ? Dans votre livre, on voit aussi passer le nom du facétieux François Weyergans…

J’ai écrit la préface de son „Quarto“ mais je ne l’ai pas fréquenté plus que ça. Il avait beaucoup de culture et d’autodérision, et son côté écrivain paresseux me plaît. On n’est pas obligé d’écrire beaucoup ! Je suis assez fier de la brièveté d’Ibiza a beaucoup changé. J’aimais que Weyergans traîne indéfiniment avant de rendre un livre. Ce n’est pas dû à la trouille, mais au fait qu’on place la littérature tellement haut qu’on est incapable d’écrire plus d’une phrase par jour – Jean-Jacques Schuhl souffre du même syndrome. Physiquement, Weyergans me faisait penser à Jean-Luc Godard, ce qui achevait de me le rendre sympathique. A la fin de sa vie, il marchait en rond autour de l’Académie française, je le croisais rue de Seine, on allait prendre un verre au Chai de l’Abbaye…

Que penser de l’amitié inattendue qui l’a lié à Jean-Luc Delarue ?

C’était rocambolesque… Weyergans vivait à un moment dans l’immense appartement de Delarue, rue Bonaparte. Entre deux énormes fêtes, Weyergans, qui préparait son élection Quai Conti, écrivait ses lettres aux académiciens. J’habitais alors la même rue, à quelques numéros. Je me souviens de soirées inouïes chez Delarue. Il y avait énormément de drogues. Beaucoup d’actrices de X passaient par là. Une fois, j’y ai croisé Valéry Giscard d’Estaing ! Que faisait-il là ? Entre la chute du mur de Berlin et la chute des tours de New York, ma génération a connu une sorte de décennie dorée, que Delarue symbolise bien. La dernière période de liberté sans la surveillance des portables et sans les réseaux sociaux. On ne le savait pas mais c’était l’ultime époque du même niveau festif que les Années folles. Delarue m’avait raconté une fois avoir avalé une plaquette de Stilnox entière parce qu’il n’aimait pas prendre l’avion. C’est là où il s’était déshabillé et avait agressé des footballeuses algériennes devant sa femme, dans un vol entre Paris et Johannesburg… Tout cela nous emmène loin de l’Europe !

Revenons-y : une de vos nouvelles est consacrée aux fêtes de Bayonne. Qu’aimez-vous tant au Pays basque ?

C’est un pays de Cocagne. Les Basques espagnols ne se considèrent pas comme espagnols, mais comme basques. J’habite désormais en face de Fontarabie. Je vais souvent y déjeuner, et je passe beaucoup de temps à Saint-Sébastien – j’ai en revanche un peu la flemme d’aller jusqu’à Bilbao. Saint-Sébastien c’est le paradis, la ville où on mange le mieux en Europe. Il y a là-bas un bar qui s’appelle le Bukowski, c’est dire : on y respecte les grands auteurs ! J’ai une passion pour la côte de bœuf de Galice, on en trouve au Pays basque. Ils sont très inventifs avec les tapas – enfin, les pinchos. Leur niveau d’exigence culinaire n’a à ma connaissance pas d’équivalent dans le monde.

Le côté cosmopolite de Biarritz vous avait aussi attiré là-bas ?

Il existe des mondanités basques : je me suis déjà retrouvé à dîner avec Isabelle Huppert, des gens comme ça. Mais ce n’est pas pour cela que je vis là-bas. Passé un certain âge, la qualité de vie passe avant le reste. Et puis j’ai des enfants qui ont 7 et 10 ans. Je préférais qu’ils grandissent dans la nature, au bord de la mer, plutôt qu’enfermés dans un appartement.

Dites-moi si je me trompe : l’Italie, vous vous en foutez ? Si je ne dis pas de bêtise, elle n’apparaît jamais dans vos livres…

C’est vrai ! Pour les gens de ma génération, Venise avait été préemptée par Sollers. Qu’écrire après Morand et Sollers ? Depuis Stendhal, il y a ce désir d’Italie chez les écrivains français : dès qu’un type tombe amoureux dans un roman, il emmène sa copine à Florence ou à Naples. J’ai voulu échapper à cette obligation italienne. Et puis, par mes origines, mon père étant autant béarnais qu’américain, j’étais naturellement attiré par la côte basque. Enfin c’est un endroit mythique sur le plan littéraire : Hemingway est passé par là, Loti et Paul-Jean Toulet aussi, à l’été 1924 Drieu la Rochelle, Aragon et Emmanuel Berl sont à Guéthary, etc.

Votre troisième femme est suissesse. Pour être heureux en ménage, faut-il se marier avec un ressortissant suisse ?

Tout à fait. Et pour un catholique comme moi, épouser une protestante ce n’est pas mal non plus. Ça permet d’avoir de bonnes discussions à table, on soigne sa culpabilité et son hypocrisie catholiques. Je suis depuis 2010 avec ma femme. Pour quelqu’un qui a écrit L’Amour dure trois ans, ça devient presque ridicule.

Une des nouvelles se passe au Center Parcs des Landes. Où emmener des enfants en vacances en Europe ?

Bonne question ! Cela dépend de si on veut s’en occuper tout le temps ou s’en débarrasser. Center Parcs a été inventé par des Hollandais pour qu’on oublie ses enfants en les noyant dans des toboggans aquatiques. C’est une sorte de Club Med moins cher, je suppose… Je n’ai pas trouvé la solution pour être en vacances avec mes enfants sans m’en occuper. En grandissant au Pays basque, ces chanceux sont en vacances toute l’année. Je ne crois pas qu’ils pourraient vivre ailleurs. Mon fils ne connaît pas Paris. Il y est venu quelques jours, il avait les yeux écarquillés, il trouvait ça amusant mais étrange…

Dans une autre nouvelle, vous partez pour la Laponie interviewer le Père Noël. Le lecteur attentif aura compris qu’il s’agit d’une fiction. Dans la réalité, quel est le lieu le plus improbable où vous soyez allé en Europe ?

Jusque-là, on n’associait pas toujours la Laponie à mon œuvre ! Grâce à la traduction de mes livres, j’ai été invité en Pologne, en République tchèque, en Roumanie, en Bulgarie… Je dois reconnaître que j’ai vu beaucoup d’endroits où je ne serais sans doute pas allé de moi-même. Je suis devenu fou de Tbilissi, par exemple. La Géorgie, c’est extraordinaire : la gastronomie, la gentillesse des gens, les hôtels, les montagnes… Je m’amuse toujours énormément à Tbilissi, même si on y boit beaucoup trop. Je suis aussi allé dans les pays Baltes, j’ai de bons souvenirs à Vilnius et Tallinn, ville étonnante. Riga vaut également le détour. Et je conseille à ceux qui aiment voyager le port de Piran, en Slovénie. C’est sublime. On est en face de Venise, c’est plus original que l’Italie, on mange la même cuisine et ça ne coûte rien.

Dernière question : quelle sera votre prochaine destination en Europe ?

Je retourne à Londres en juin pour la sortie d’Ibiza a beaucoup changé : j’y ferai une conférence pour les expatriés français, et sûrement un DJ set. Je serai aussi DJ aux fêtes de Bayonne le jour de ma fête, la saint-Frédéric, donc le 18 juillet. Vos lecteurs sont les bienvenus !

Ibiza a beaucoup changé par Frédéric Beigbeder. Albin Michel, 207 p., 19,90 €.

Frédéric Beigbeder : „En Russie, vous trouveriez des dizaines et des dizaines d’Epstein…“ 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-03-29 17:02:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,

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