„Plus qu’une innovation technologique : c’est une révolution dans la façon d’écouter ce que notre corps nous dit chaque jour.“ Ce 23 octobre 2025, pour le lancement du „premier scanner d’analyse urinaire à domicile“, le „U-Scan“, Withings ne lésine pas sur les superlatifs. Avec ce dispositif „de pointe“ à la forme de coquillage, la start-up française spécialiste des objets connectés entend bien s’affirmer comme le leader de l’auto-test, et promet une „stratégie nutritionnelle sur mesure“, offrant de „nombreux avantages pour la santé au quotidien“. Le U-Scan, une fois fixé dans la cuvette des toilettes, collecte en effet l’urine de l’utilisateur, puis lui fournit quatre indicateurs sur une application mobile, afin d’optimiser sa nutrition : niveaux de vitamine C, de bio-acidité, de cétones et d’hydratation. Une deuxième version de l’outil, destiné à „réduire le risque de formation des calculs rénaux“ dixit le site, mesure également le taux de calcium, un élément clé dans l’apparition de ces dépôts.
„L’urine est une source riche en données : la suivre en continu peut aider à mieux comprendre votre équilibre rénal ainsi que d’autres besoins de santé et de bien-être“, soutient Withings, qui dit avoir passé sept ans pour concevoir son produit, aussi commercialisé en Europe et aux Etats-Unis. Pilier de la French Tech à l’étranger, où elle réalise 90 % de ses ventes, la marque et son U-Scan avaient fait sensation à l’édition 2023 du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le plus grand salon consacré à l’innovation technologique. „Les Américains ont une appétence pour ce type d’objets, et sont, contrairement aux Français, habitués à dépenser pour leur santé“, éclaire Antoine Joussain, directeur de produit de Withings.
Car cette „révolution“ a un coût : entre 350 et 430 euros selon le nombre de mesures hebdomadaires que l’utilisateur souhaite effectuer, auxquels s’ajoutent 100 à 180 euros de cartouches mensuelles ou bimensuelles, pour la recharge du scanner. Même si le U-Scan dispose d’un marquage CE, preuve de sa conformité aux exigences européennes en matière de sécurité, il n’est pas un dispositif médical, et a seulement „pour but d’encourager et/ou d’aider l’utilisateur à maintenir un mode de vie sain“, précise la page support de Withings. „Obtenir ce statut nous aurait rajouté des contraintes réglementaires, or nous voulions d’abord tester le produit sur le marché pour avoir des retours d’utilisateurs. A terme, c’est toutefois notre objectif puisque Withings est ancré dans le médical“, indique Antoine Joussain, qui assure que les montres connectées de la marque, dont certaines sont reconnues comme dispositifs médicaux, sont recommandées par des cardiologues.
Une utilité nulle
Malgré le marketing offensif qui l’entoure, le U-scan est donc pour l’instant un simple accompagnement, à un prix loin d’être négligeable. Auprès de L’Express, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’intérêt de ce scanner urinaire, un outil certes „spectaculaire“ mais dont l’utilité au quotidien pour le grand public serait d’après eux… nulle. „Concernant les cétones et la bio-acidité, c’est-à-dire le PH de l’urine, ces mesures sont importantes uniquement pour les personnes diabétiques, et peuvent être réalisées avec des bandelettes urinaires prescrites par le médecin ou achetées en pharmacie. Pour la vitamine C, cela n’a aucun intérêt dans la population générale, car seules les populations précaires sont à risque, ce qui n’est pas vraiment la cible de Withings“, tranche Eric Guiheneuf, vice-président du syndicat Les biologistes médicaux.
Dans une vidéo consacrée au U-Scan, le bio-informaticien et youtubeur spécialiste de l’analyse de données biologiques, „The Quantified scientist“, partage ce constat : „La plupart d’entre nous ont des niveaux de vitamine C suffisamment élevés. Si toutefois cela vous préoccupe, il vaut mieux prendre un complément alimentaire tous les jours, qui est bon marché, plutôt que de mesurer ce taux quotidiennement“, explique-t-il. Idem pour l’état d’hydratation évalué par le U-Scan, pertinent pour les athlètes soucieux d’améliorer leurs performances mais inutile à mesurer pour le reste de la population, „la couleur de l’urine ou le niveau de soif“ pouvant déjà donner une bonne indication, poursuit le vidéaste.
Face à ces arguments, Antoine Joussain oppose la „facilité d’utilisation du U-Scan“, dont l’intérêt est „d’être intégré au quotidien des gens“. „Les bandelettes, ça peut être moins cher, mais les gens ne vont pas les utiliser“, argue-t-il. Le directeur de produit de Withings reconnaît aussi que l’innovation du U-scan ne réside pas dans le choix des indicateurs mesurés, mais nuance : „Il y a beaucoup de personnes qui font un régime cétogène et, pour elles, la mesure des cétones est importante. Quant à la vitamine C, j’ai moi-même pris des compléments car j’ai découvert que j’en manquais grâce au U-Scan.“ A l’avenir, l’entreprise française envisage dans tous les cas de lancer d’autres cartouches qui cibleront des pathologies spécifiques, à l’image du modèle actuel du U-Scan destiné à réduire la formation des calculs rénaux.
Des résultats difficiles à interpréter
Mais quid de la pertinence des résultats et de leur usage ? Si Antoine Joussain affirme que des études ont été effectuées par „des laboratoires externes“ pour démontrer la fiabilité du U-Scan, aucune d’entre elles n’est encore publiée à ce jour. En outre, les taux urinaires demeurent difficiles à interpréter selon les spécialistes. „Ce sont des mesures très individualisées, qui dépendent de plusieurs facteurs comme l’alimentation, l’hydratation et l’activité physique. Elles nécessitent une réelle éducation du patient, sous peine d’adopter des comportements risqués pour la santé“, insiste Luc Frimat, chef du service de néphrologie au CHRU de Nancy.
Le professeur donne l’exemple des calculs rénaux, une affection que prétend prévenir l’outil de Withings en mesurant le niveau de calcium. „Dans mon service, on ne se contente pas de regarder ce taux : on conseille aussi le patient sur son alimentation, en veillant à limiter le sel ou les protéines. Il ne faut pas supprimer complètement le calcium, car cela pourrait provoquer une maladie osseuse comme l’ostéoporose. Ce sont donc des recommandations personnalisées, qui ne peuvent pas être remplacées par un objet“, assure-t-il, bien qu’il ne soit pas contre l’utilisation du U-Scan dans un second temps, pour le suivi.
A défaut, en ayant seulement recours au scanner quotidiennement, Luc Frimat craint que l’utilisateur développe une peur irrationnelle, une „obsession“ de la mesure qui n’aurait pas de sens pour une personne qui n’est pas malade. „Faire des dizaines de calculs, ce n’est pas forcément mieux que de faire un vrai prélèvement urinaire tous les trois mois“, appuie-t-il, rappelant que la bio-acidité, par exemple, varie d’un jour à l’autre, étant le reflet de l’alimentation. De son côté, Withings indique ne pas vouloir se substituer au médecin, cherchant au contraire à „rassurer le patient“. „On veut faire un pont entre les utilisateurs de nos produits et le monde médical, c’est pour cela qu’on va lancer une consultation avec un nutritionniste incluse dans l’offre payante de notre application mobile“, illustre Antoine Joussain.
Une chercheuse contestée
Reste un problème selon des acteurs de la lutte contre la désinformation : la présence, lors du lancement du U-Scan, d’Emilie Steinbach, une docteure en biologie intégrative et neuroscientifique, aussi interrogée par Withings dans plusieurs vidéos sur Instagram. Cette chercheuse, autrice de Votre Santé optimisée, intervient dans de nombreux médias, livrant un discours parfois problématique voire dangereux.
Comme à Quotidien, le 3 avril 2025, où elle affirme qu’une meilleure alimentation lui a permis de ne plus prendre de médicament pour gérer son trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). „C’est une incitation au détournement de soins, qui puise sa légitimité dans son „expérience personnelle“ en dépit de toute prudence scientifique. Non, une correction de l’alimentation ne suffit pas dans la prise en charge du TDAH !“, rectifie Séverine Falkowicz, maîtresse de conférences à Aix-Marseille Université et auteure d’Au coeur de l’esprit critique : Petit guide pour déjouer les manipulations. „C’est une personne qui nous paraissait intéressante pour le U-Scan, car elle semble très compétente dans ce domaine et elle a une voix qui porte. Mais j’ignorais personnellement les critiques à son sujet“, rétorque Antoine Joussain. Contactée par L’Express, Emilie Steinbach n’a pas donné suite.
U-Scan, le scanner urinaire de Withings : la promesse „innovante“ qui divise les scientifiques 2025 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2025 2025-11-27 16:50:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



