„Si on trouve de l’argent pour faire la guerre, on peut aussi en trouver pour aider les gens.“ Cette phrase, attribuée au vieux tribun travailliste Tony Benn, Zack Polanski la répète comme un mantra, au micro de son podcast Bold Politics ou devant un parterre de militants. Casquette vissée sur la tête, chemise à carreaux, ce quadragénaire à l’allure de „stand‑up comedian“ plus que de chef de parti savoure l’effet quasi garanti de cette formule sur son auditoire.
En quelques mois, ce leader encore inconnu du grand public français est devenu la figure la plus scrutée de la gauche britannique. À la tête du Green Party depuis l’automne dernier, Zack Polanski a vu les effectifs de sa formation bondir de 60 000 à 220 000 membres, tandis que les sondages placent les Verts autour de 21 %, loin devant un Labour déjà usé par moins de deux ans au pouvoir. Le 7 mai, son parti espère conquérir plusieurs bastions municipaux travaillistes, notamment à Londres.
D’acteur précaire à porte-voix de la gauche radicale
Zack Polanski, 43 ans, n’a pourtant découvert la politique que sur le tard. Jusqu’en 2015, elle n’est pour lui qu’un décor lointain. Il s’appelait alors David Paulden et courait les castings dans le milieu du théâtre immersif londonien, cet entre‑deux où les spectateurs se mêlent au jeu. Que s’est‑il passé pour que ce comédien issu de Manchester devienne, en moins d’une décennie, le champion d’un éco‑populisme radical qui aspire à transformer le Royaume‑Uni autant qu’à le gouverner ?
L’histoire commence au nord de l’Angleterre, dans une classe moyenne juive pratiquante. Le jeune David fréquente d’abord King David, école orthodoxe, puis la Stockport Grammar School, où il raconte avoir été insulté, frappé même, parce qu’homosexuel. „Ses expériences de marginalisation ont profondément structuré sa politique, il est obsédé par les hiérarchies entre les gens“, observe Russell Warfield, auteur d’un livre à paraître sur sa trajectoire. Ces années laissent une trace durable : le futur chef vert se méfie instinctivement de tout pouvoir institué. Après des études au pays de Galles, il monte à Londres. L’acteur précaire s’y construit un univers professionnel dans les marges de la culture.
La conversion à la politique se fait tardivement. Après avoir pris sa carte chez les Lib-Dem, il bascule chez les Greens. Entre‑temps, il a changé de nom – un geste hautement politique. Paulden redevient Polanski, patronyme familial originel. Il présente ce retour aux sources comme une protestation contre l’antisémitisme : dans un contexte où beaucoup de Juifs britanniques dissimulent leurs origines, lui choisit de les afficher. Son rapport au judaïsme est cependant très ambivalent : il fréquente un groupe juif antisioniste et s’immerge dans la gauche radicale anti‑Israël.
Capable d’emprunter à Jeremy Corbyn comme à Nigel Farage
Depuis 2021, Zack Polanski siège à l’Assemblée de Londres et vit à Hackney avec son compagnon Richie, aide‑soignant en soins palliatifs. Son entourage insiste sur sa capacité à tisser des liens avec des militants venus de tous les horizons, des ONG humanitaires aux collectifs queer, des syndicats d’enseignants aux réseaux pro‑Palestine. C’est cette qualité d’aimant qui lui vaut aujourd’hui un autre surnom : „the sponge“, l’éponge qui aspire tout ce qui reste de la gauche orpheline de Jeremy Corbyn et adopte les codes du populisme à la Nigel Farage.
Le parallèle avec le leader pro-Brexit n’est pas fortuit : comme lui, Zack Polanski combine présence assidue dans les médias traditionnels et construction d’un écosystème parallèle sur YouTube, TikTok et les podcasts. Le dirigeant écolo s’est construit un petit empire médiatique parallèle, où son podcast Bold Politics aligne les têtes d’affiche de la gauche britannique : l’économiste marxiste Grace Blakeley, l’ancien trader devenu militant fiscal Gary Stevenson, ou encore Gary Lineker, ex‑footballeur star reconverti en figure morale du progressisme anglais. Dans les bons mois, le podcast frôle le million d’écoutes, alimenté par une cadence de publication quasi industrielle.
Les anciens de l’équipe Corbyn se sont rapidement agglutinés autour de cette nouvelle plateforme. Matt Zarb‑Cousin, ex‑porte‑parole de Corbyn, conseille Zack Polanski de manière informelle, notamment en matière de contre‑attaque à la moindre critique. La démonstration a eu lieu lorsque le Daily Mail a publié un article relayant le malaise de certains membres de la famille Polanski face à la virulence des Greens sur Israël. En vingt‑quatre heures, le chef du parti a posté 32 fois sur X, traitant l’auteur de l’article de „parasite“.
Zack Polanski a aussi compris qu’il lui fallait un ennemi clairement identifié, à la manière de Nigel Farage. Là où le tribun d’extrême droite fustige „Bruxelles“ et les migrants, l’éco‑populiste vert concentre sa colère sur les milliardaires, les géants des énergies fossiles, les propriétaires spéculatifs. Dans sa campagne municipale, il promet de plafonner les loyers, de porter à 50 % la part de logement social dans les nouveaux programmes, tout en taxant lourdement les résidences secondaires.
De grosses lacunes économiques
Cette ligne séduit un électorat que le Labour pensait acquis : les enseignants. Au récent congrès du NEU, principal syndicat d’enseignants du pays, son secrétaire général Daniel Kebede a salué la „vision“ des Greens, décrivant un parti qui considère que „l’économie existe pour servir les gens et non pour les discipliner“. Selon une enquête interne, 65 % des membres ayant voté Labour en 2024 affirment qu’ils ne réitèreront pas leur vote. Et c’est lui, Zack Polanski, l’ancien comédien de théâtre immersif, que le plus gros syndicat d’enseignants du pays acclame désormais comme la voix de la gauche.
C’est sur le terrain économique que la trajectoire de Polanski devient plus incertaine. En décembre, sa participation au populaire podcast de Rory Stewart et Alastair Campbell, The Rest is Politics, tourne au désastre. Interrogé sur la dette, il confond déficit et endettement, ignore le montant annuel consacré au service de la dette – environ 100 milliards de livres – et se trompe sur le taux marginal supérieur de l’impôt sur le revenu, qu’il situe à 40 % au lieu de 45 %.
Il se montre plus assuré sur la redistribution : son „jour un“ à Downing Street, répète‑t‑il, serait consacré à l’instauration d’un impôt sur la fortune, façon taxe Zucman. Zack Polanski est également plus à l’aise lorsqu’il parle du prix d’une pinte de lait ou de bière que lorsqu’il s’aventure dans les équations budgétaires. Ses alliés y voient presque une stratégie : laisser les économistes débattre entre eux, pendant qu’il raconte au pays une histoire simple de redistribution dans une économie qu’il assume de voir comme un jeu à somme quasi nulle. Ses adversaires y voient, eux, une inquiétante légèreté chez un homme qui ambitionne de trancher les inégalités à la tronçonneuse.
Le tournant de Gaza
C’est pourtant ailleurs que se loge peut‑être sa principale vulnérabilité électorale : dans sa politique étrangère. Né dans un foyer sioniste modéré, Zack Polanski dirige un parti dont certains militants souhaitent faire adopter une motion définissant le sionisme – soutien à l’existence d’un État juif – comme une forme de racisme. La guerre à Gaza a agi comme un catalyseur, achevant sa mue idéologique. Il tweete que les États‑Unis et Israël sont des „États voyous“, s’affiche aux côtés de collectifs pro‑Palestine et laisse son adjoint Mothin Ali s’aligner sur les rassemblements de la mouvance „Stop the War“, où flottent drapeaux iraniens et portraits de l’ayatollah Khamenei.
Pour le chroniqueur Hugo Rifkind, ces positions renvoient au „logiciel Corbyn“, mélange de pacifisme radical et de réflexes anti‑occidentaux qui ont déjà coûté à la gauche travailliste la victoire en 2017. Dans certaines circonscriptions très marquées par la cause palestinienne, ce discours ne lui nuit pas, voire le renforce. Mais à l’échelle nationale, prévient Rifkind, quitter l’Otan ou relativiser la menace iranienne restent des lignes rouges pour une large partie de l’électorat.
Zack Polanski, qui ambitionne de transformer le pays bien au‑delà de la question climatique, marche sur une ligne de crête : entre Farage et Corbyn, entre théâtre militant et exercice du pouvoir, entre solidarité avec Gaza et indulgence pour Téhéran, entre redistribution audacieuse et amateurisme budgétaire. Dans un Royaume-Uni fatigué du Labour comme des conservateurs, cette équation séduit une gauche en quête d’incarnation. Reste à voir si l’éponge ne finira pas par être saturée avant d’avoir eu le temps de régner.
Zack Polanski, l’éco-populiste qui prend de vitesse la gauche britannique 2026 IUSTITIA.BG – Investigations 2009-2026 2026-04-25 05:56:00 Dernières nouvelles, actualités mondiales, actualités nationales, actualités les plus importantes, dernières nouvelles, les plus importantes, dernières nouvelles du jour, Justice, Petar Nizamov, Plumes, Petar Nizamov- Plumes, Justice bg, iustitia.bg, iustitia, iusticia, usticia, enquête, Bourgas, Bulgarie, actualités, dernières nouvelles, actualités du jour, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de Bulgarie, actualités de blitz, actualités principales, les plus importantes, les plus commentées, dernières nouvelles, Boyko Borisov, actualités, météo, coronavirus, actualités, actualités, météo, facebook, youtube, facebook, instagram, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière minute, actualités d’aujourd’hui, actualités, actualités bg, actualités principales, actualités chaudes, actualités bg, site d’actualités, toutes les actualités, actualités bg, actualités de dernière heure, dernières, dernières nouvelles bg, actualités d’aujourd’hui, actualités d’aujourd’hui, actualités de dernière heure, dernières nouvelles, aujourd’hui, actualités bg, actualités, actualités vesti, actualités 24 heures, vesti bg novini, actualités mondiales, bird bg, bivol bg, bivol, trud bg novini, dernières nouvelles aujourd’hui, novinite bg news, bonjour la Bulgarie, armoiries des partis politiques, delyan peevski, scandaleux, télévision nationale bulgare, free europe, télévision, scandale, exclusif, en direct, télévision en direct maintenant, télévision, télévision en ligne, programme télévisé, bg, en direct maintenant, informations télévisées, en ligne, télévision en direct en ligne, tribunal, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, tribunal de district de Bourgas, cour d’appel de Bourgas, procureur de Bourgas, bureau du procureur de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, bureau du procureur de district de Bourgas, procureur en chef, ivan geshev, procureur geshev, tsatsarov, mvr burgas, odmvr burgas, odp burgas, police de Bourgas, police de district de Bourgas, procureur tsatsarov, affaires sgs, tribunal de varna, président de la Cour suprême de justice, décisions judiciaires en matière civile, décisions dans les affaires, tribunal de Plovdiv, décision de justice, décisions de cas, tribunal de Varna, pénal, affaires, district, décisions du tribunal de district, travail au tribunal, président de la Cour suprême de justice, juges de la Cour suprême, tribunal de Sofia, juges suppléants, Plovdiv, tribunal de Plovdiv, juges Plovdiv, Cour suprême, Inspection de la Cour suprême de justice, Conseil judiciaire suprême, Cour suprême, Conseil judiciaire suprême, avocat, avocat affaires pénales, avocat affaires civiles, avocat affaires matrimoniales, avocat administratif, droit pénal, procédure pénale, droit civil, procédure civile, droit administratif, droit constitutionnel,



