%random_image[IA : Domyn, le champion italien qui monte face à Mistral en Europe]% » alt= »IA : Domyn, le champion italien qui monte face à Mistral en Europe Une entreprise européenne qui crée ses propres modèles d’intelligence artificielle et pourrait boucler un tour de table d’un milliard d’euros ? Si vous pensiez à Mistral, c’est raté. Le fleuron français vient bien de conclure un accord avec les Néerlandais d’ASML et d’autres partenaires pour 1,7 milliard d’euros, mais il n’est pas le seul. Comme le révèle Sifted, l’entreprise italienne Domyn vise, elle aussi, une levée de fonds d’un milliard d’euros dans les six mois à venir.
Restée relativement inconnue de ce côté des Alpes, l’entreprise est pourtant un des acteurs clés du secteur de l’intelligence artificielle en Europe. C’est même un dinosaure face à nombre de jeunes pousses de l’IA. Domyn, anciennement connue sous le nom de iGenius, a vu le jour en 2016. Une éternité par rapport à Mistral (avril 2023), Deepseek (juillet 2023) ou même Anthropic (janvier 2021), devenues depuis des acteurs phares du secteur, valorisées plusieurs milliards de dollars. Avec une levée de fonds d’envergure, l’Italien pourrait enfin s’affirmer au niveau européen, en face de son concurrent Mistral.
Des supercalculateurs jusqu’aux agents
« Domyn existait à une époque où les LLM n’étaient pas une notion connue, ils ont pris de l’avance sur les questions d’infrastructure », observe Hanan Ouazan, chargé de l’IA au sein de la société de conseil Artefact. Mistral, à l’inverse, a commencé par mettre au point ses LLM, avant de s’intéresser au cloud. Les deux entreprises ont néanmoins des stratégies similaires, que ce soit « dans leurs démarches pour les LLM ou pour les superordinateurs », explique Charles Letaillieur, expert IA au sein du cabinet Converteo. Mistral comme Domyn développent des offres sur plusieurs niveaux. Les deux ont mis au point leurs propres LLM [large language model, ou grand modèle de langues, NDLR], qui sont en quelque sorte les moteurs qui permettent aux chatbots comme ChatGPT de fonctionner, avec plusieurs tailles et caractéristiques — ce que peu d’acteurs arrivent à faire.
Domyn et Mistral ont aussi développé toutes les deux des solutions d’IA agentique, ces programmes pouvant agir en toute autonomie. Et elles proposent des services connexes, de même que de la puissance de calcul. Mistral Compute, un service de cloud souverain construit par la start-up française et Nvidia, est spécialisé dans l’entraînement d’IA, tandis que le supercalculateur Colosseum de Domyn a été conçu spécifiquement pour l’entraînement et le déploiement des LLM les plus gros, comprenant plus de mille milliards de paramètres. Leurs stratégies couvrent donc toutes deux une large partie de la chaîne d’approvisionnement et de valeur de l’IA. Or, aujourd’hui, à part les deux champions européens, « il n’y a que les géants américains et chinois qui sont en mesure de proposer un tel ensemble de solutions », indique Charles Letaillieur.
Autre similitude entre les deux start-ups : les deux se définissent comme des solutions souveraines, et jouent de cette spécificité pour se mettre en avant en Europe. Leurs modèles sont open-weight, ce qui permet aux entreprises clientes d’entraîner leurs propres données comme elles le veulent, en gardant une complète maîtrise des paramètres pendant l’entraînement. En dehors de Meta, peu de géants de l’IA offrent cela : ils ont en majorité des LLM fermés. Cette singularité fait de Mistral et de Domyn des acteurs intéressants pour les secteurs stratégiques, qui traitent des données sensibles, telles que les banques, les institutions financières, les établissements de santé ou les entreprises de défense. C’est aussi un argument qui séduit de plus en plus dans une Union européenne en quête d’indépendance et de maîtrise.
Un duel Domyn – Mistral ?
Ces deux pépites européennes de l’IA peuvent-elles coexister ? Pour Hanan Ouazan, cela ne fait aucun doute : « C’est un vaste marché. Les acteurs ont des besoins colossaux qui ne peuvent être comblés par des Américains ». Les secteurs les plus sensibles ont besoin d’alternatives européennes 100 % souveraines pour traiter leurs données. Le Vieux Continent ne manque pas de marchés attractifs, au premier rang desquels la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou l’Espagne. Mais dans le climat géopolitique actuel, d’autres pays hors UE peuvent être tentés de n’acheter ni américain, ni chinois.
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