
%random_image[Blaise Metreweli, première femme à diriger le MI6 : les secrets de fabrication d’une maître espionne moderne]% » alt= »Blaise Metreweli, première femme à diriger le MI6 : les secrets de fabrication d’une maître espionne moderne Dans un monde déchiré par les guerres et bousculé par la montée des tensions commerciales, la tentation du repli sur soi n’a jamais été aussi forte. Confrontées à la poussée du vote radical et à l’essor de la désinformation, les démocraties libérales sont fragilisées. C’est plus que jamais le moment de donner la parole aux architectes du sursaut, qu’ils soient scientifiques, militaires, experts de la tech, intellectuels ou entrepreneurs. L’Express consacre un numéro exceptionnel aux « Visionnaires ».
La fiction aura précédé de trente ans la réalité. Dans GoldenEye, 17e opus de James Bond, Judi Dench était la première femme à incarner « M », le personnage à la tête des services secrets britanniques. En octobre 2025, Blaise Metreweli devient « C », nom de code du vrai dirigeant du MI6, cent seize ans après sa création. Sa nomination marque la volonté de l’agence de dépoussiérer son image, mais surtout d’innover dans son appréhension des menaces. A 47 ans, Metreweli a déjà une longue carrière d’espionne derrière elle, notamment à la direction de la technologie et de l’innovation du SIS (l’autre nom des services secrets de Sa Majesté). « Geek » autoproclamée, passionnée par l’intelligence artificielle, elle devra répondre aux défis auxquels doit faire face le renseignement britannique, dont les cybermenaces.
La formation de Metreweli n’a pourtant rien de celle d’une scientifique. Recrutée à la sortie de la prestigieuse université de Cambridge, l’étudiante est diplômée en anthropologie. En 1999, son premier poste, en apparence à rebours de sa formation, concerne… la lutte contre la prolifération nucléaire. Mais Metreweli apprend vite. « Elle illustre très bien ce que le MI6 cherche dans son recrutement : des individus brillants, capables d’apprendre de nouvelles compétences, de se constituer vite un réseau et de penser en dehors des sentiers battus », commente Dan Lomas, professeur-adjoint à l’Université de Nottingham, spécialiste des services de renseignement.
Excellente arabophone, elle prend très vite un poste totem en ambassade, ce qui signifie qu’elle est un agent du MI6 déclaré auprès des autorités du pays étranger. L’annuaire 2006 du service diplomatique indique ainsi qu’elle est devenue en 2003 deuxième secrétaire à Dubaï, en pleine guerre en Irak. Son rôle ne se limite pas à la représentation diplomatique. Sir Alex Younger, ancien chef du MI6 de 2014 à 2020, a présenté son action comme celle d’un « agent opérationnel incroyablement expérimenté et performant ».
Entre l’Europe et le Moyen-Orient
Metreweli passe ensuite l’essentiel de sa carrière entre l’Europe et le Moyen-Orient (au Liban, puis de nouveau à Dubaï), avant de changer d’agence. En 2020, elle travaille au MI5 – les services de renseignement intérieurs -, prenant la tête de la section « K », qui combat les menaces venant d’Etats hostiles. Elle devient plus tard « Q », le chef du département technologique du MI6 qui, dans les films de James Bond, donne au héros ses gadgets.
Fine connaisseuse du Moyen-Orient, formée au contre-espionnage, Metreweli sait aussi manier ses relations avec la presse. Elle a déjà donné plusieurs interviews sous pseudonyme. En 2017, « Ada » confiait par exemple au Financial Times la façon dont elle conciliait son rôle de mère et celui d’agent.
Recrutée à « Oxbridge »
S’il veut attirer de nouveaux talents, le monde de l’espionnage sait qu’il ne peut plus rester totalement dans l’ombre. Avoir à sa tête une bonne communicante est un atout. « Avant, le culte du secret était tel que le gouvernement britannique n’a reconnu l’existence du MI6 qu’en 1994, note Dan Lomas. Recruter à la sortie « d’Oxbridge » [NDLR : Oxford et Cambridge] était suffisant. Mais désormais, le MI6 doit faire un effort pour recruter, par exemple via les réseaux sociaux. Avoir quelqu’un comme Metreweli à sa tête, qui pense à ce genre de communication, est un avantage. » Cette nomination n’a ainsi rien d’un hasard. D’après le Sunday Times, elle était « la favorite en interne depuis plusieurs années ».
Avant même sa prise de fonction, elle a toutefois connu sa première polémique. Elle n’y était pour rien : le 27 juin, le tabloïd The Daily Mail a révélé que son grand-père paternel, Constantine Dobrowolski, était un espion nazi. Ce déserteur de l’armée russe d’origine ukrainienne, surnommé le « Boucher », aurait « personnellement participé à l’extermination des juifs en Ukraine ».
La grand-mère de Metreweli s’est enfuie au Royaume-Uni pendant la guerre, emportant son fils de deux mois, avant de se remarier en 1947. « L’ascendance de Blaise est marquée par les conflits et les divisions, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes d’origine est-européenne », a expliqué le Foreign Office, organisme dépendant du MI6, dans la foulée de la publication de l’article. L' »héritage complexe » de Metreweli a motivé son dévouement à la sécurité de son pays. Une implication remarquée : en 2024, elle a été décorée compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges, « pour services rendus à la politique étrangère britannique ». D’autres défis l’attendent à présent.
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